Le 13/06/2018 Le Mari de la femme à barbe

LE MARI DE LA FEMME À BARBE La donna scimmia – Marco Ferreri – Italie – 1964 – 100 mn MERCREDI 13 JUIN à 20h Antonio Focaccia, organisateur de spectacles forains, découvre Maria par ha- sard, alors qu’elle vit cachée au fond de la cuisine d'un couvent. Il voit vite tout le parti qu’il peut tirer de sa particularité... Marco Ferreri appartient à une catégorie de cinéastes rares, les empêcheurs de fil- mer en rond. Ce film, invisible pendant des décennies, vient d’être restauré et peut être proposé aujourd’hui avec les deux fins que sa noirceur a entraîné.

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Le 06/06/2018 Calmos

CALMOS Bertrand Blier – France – 1976 – 107 mn MERCREDI 6 JUIN à 20 h Paul et Albert ne supportent plus l’oppression des femmes. Ils abandon- nent tout pour aller s'installer dans un village perdu et vivre une vie d'heu- reuse simplicité en retrouvant des plaisirs des plus terre à terre... Misanthrope certainement, misogyne peut-être, irrévérencieux, d’un hu- mour féroce, Bertrand Blier divise, encore et toujours. Mais ni le temps, ni les critiques n'altèrent son goût pour la provocation, ici magnifiquement servi par des interprètes à l’unisson.

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Le 05/06/2018 La vallée des loups

LA VALLEE DES LOUPS Jean Michel Bertrand – France – 2016 – 90 mn. MARDI 5 JUIN 20 h Le réalisateur a passé trois ans de sa vie avec le projet de réus- sir à filmer des loups sauvages et libres, en pleine nature, dans sa région natale. Le film nous associe à cette quête, puisque trouver le loup, c’est nous le montrer. Et la re- cherche est aussi passionnante que son aboutissement.
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Le 30/05/2018 Les Galettes de Pont-Aven

LES GALETTES DE PONT-AVEN Joël Séria – France – 1975 – 101 mn MERCREDI 30 MAI à 20h Henri Serin, représentant en parapluies, mène une vie morne et tranquille entre son foyer, ses déplacements profession- nels, quelques frasques amoureuses et son goût pour la peinture. Et un jour, tout change... Joël Séria, qui fut représentant de com- merce dans une autre vie, sait à merveille employer Jean-Pierre Marielle, inoublia- ble dans cette chronique qui ne se contente pas d’être grivoise et paillarde pour constituer une formidable ode à la liberté et à la vie.
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Le 23/05/2018 La Corruption

LA CORRUPTION La corruzione – Mauro Bolognini – Italie – 1963 82 min. MERCREDI 23 MAI à 20h Le jeune fils d’un riche industriel découvre combien il est difficile d’échapper au destin qui vous est promis. Bolognini signe un film toujours cruellement d’actualité sur la corruption des âmes et des cœurs qui est au centre de cette réflexion acerbe sur le pouvoir du matérialisme triom- phant des années 60
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Le 16/05/2018 Les salauds dorment en paix

LES SALAUDS DORMENT EN PAIX Warui yatsu Hodo yoku nemuru– Akira Kurosawa – Japon – 1960 – 151 min. MERCREDI 16 MAI à 20h Alors que se déroule la cérémonie de ma- riage entre sa fille et son secrétaire, le vice-directeur Iwabuchi se retrouve au cœur d'une tempête médiatique sur fond de corruption et de marchés truqués. Premier film produit par Kurosawa Pro- ductions, entreprise créée par Akira Ku- rosawa «l’empereur du cinéma japonais» pour acquérir davantage d'indépendance dans le choix de ses sujets.
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Le 15/05/2018 Notre pain quotidien

Notre pain quotidien Nikolaus Geyrhalter – Autriche – 2005 – 92 min Mardi 15 Mai à 20h Nikolaus Geyrhalter utilise sa caméra pour filmer le fonction- nement de l’industrie alimentaire européenne, dévoilant un as- pect méconnu de nos sociétés ultra-productivistes. Il n’y pas de voix-off parce que les images parlent d'elle-mêmes. Ce documentaire nous donne un aperçu de l’effroyable panorama d'une industrie déconnectée du monde réel, destruc- trice, où règne le travail à la chaine. A un bout de cette chaîne il y a notre estomac. Une expérience cinématographique at- tentive aux détails, sans commentaire, sans propagande, dont les images per- cutantes invitent le spectateur à se ques- tionner.

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Le 02/05/2018 Main basse sur la ville

Mercredi 2 mai 2018 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle " Corruption " (2/4)

Main basse sur la ville / Le Mani sulla città
Lion d’or, Venise 1963
Francesco ROSI (Italie, 1963 - 103 mn)

En 1995, Francesco Rosi déclarait à propos de son œuvre cinématographique :
Avec mes films, j’ai cherché avant tout à comprendre mon pays et à le raconter à travers un instrument, le cinéma qui, parmi les moyens de communication et de connaissance dont nous disposons, est celui qui nous permet, dans les ombres qui prennent vie sur l’écran, de reconnaître nos espoirs, nos échecs et nos victoires, d’accentuer nos doutes et de réfléchir à la façon de transformer ces doutes en force pour la conquête du mieux par le moyen de la raison. J’ai toujours cru en la fonction du cinéma en tant que dénonciateur et témoin de la réalité, et en tant que support d’histoires dans lesquelles les enfants puissent connaître leur pères et en tirer un enseignement afin de se former un jugement dont l’Histoire serait la référence. Le cinéma est Histoire et en tant que tel il devrait devenir dans toutes les écoles du monde un complément indispensable de l’enseignement. "

Né en 1922, Rosi quitte sa Naples natale pour tenter sa chance dans le cinéma. Le jeune étudiant monte à Rome où rapidement, il devient assistant de Luchino Visconti. Pour La terre tremble en 1948, puis Bellissima (1951) et Senso (1954). Sur le plateau, Rosi fait tout : script, story-boarder, assistant à la mise en scène, directeur de casting, décorateur... tout en aidant d'autres réalisateurs sur leurs plateaux, tels que Monicelli, Matarazzo ou Antonioni. De fil en aiguille, le napolitain co-réalise Kean avec Vitorrio Gassman puis met en scène, enfin seul, ses deux premiers films en 1958 : Le défiet Profession magliari. Dès ses premières oeuvres se dessine une évidence : l'exigence, née de la fréquentation assidue des salles et d'une passion pour les films noirs américains, ceux de Jules Dassin, de Robert Siodmak, de John Huston ou d'Elia Kazan. Soit des oeuvres populaires aux forts accents sociaux, dont le rythme nerveux n'occulte jamais la société qui les entoure. De cette passion, Rosi gardera un vrai sens du spectacle, même dans ses films les plus politiques. Ainsi, Main basse sur la ville, plongée documentaire dans la technocratie napolitaine, n'en oublie jamais son but premier : parler aux foules, saisir le spectateur pour ne le lâcher qu'à la fin de son enquête. Tourné dans un magnifique format large noir et blanc, le quatrième long-métrage de Francesco Rosi emprunte d'ailleurs au cinéma américain un faste et un sens du rythme digne des meilleurs thrillers : le montage énergique et la science du cadre en imposent d'emblée dans une scène de conseil municipal qui n'est pas sans rappeler les plus belles heures du film de procès américain. Là, dans un décor confiné de salle de mairie, Rosi multiplie les changements d'axes, d'échelles de plans, alternant plongées et contre-plongées pour mieux épouser la frénésie des débats. Même maestria dans une des scènes clé du film, qui voit un taudis s'effondrer sur ses habitants. En trois minutes, Rosi combine tout le spectaculaire du cinéma américain avec le néo-réalisme italien. Fils spirituel de Visconti, Rosi a hérité de son maître une approche formelle éblouissante et un sens aigu de l'Histoire. A Rosseliini, qu'il admire et qui a tant compté pour le cinéma italien d'après-guerre, il emprunte la perspicacité de l'artiste sur son pays d'origine, mélange de pédagogie documentaire et d'acuité politique. [Ronny Chester, dvdclassik.com].

Main basse sur la villeprend fréquemment des allures de film noir, avec une musique à la Melville, un montage très rapide, et une caméra qui change en permanence de perspective et de point de vue. Rythmé par des réunions en sous-main filmées dans une obscurité angoissante (comme la plupart du film), Rosi donne la mesure d’une impossibilité de transparence : comme le dit de Vita, « Tout est en règle mais c’est la règle qui ne va pas ! » Terrifiant, effrayant à plusieurs titres, le film de Francesco Rosi fonctionne sur l’opposition constante : opposition entre le peuple qui refuse de s’en aller face aux constructeurs, opposition entre Nottola et De Vita lors d’une scène particulièrement réussie de confrontation. Nottola montre à son collègue député la modernité de ses immeubles, il est devant lui, mais la caméra prend le point de vue de De Vita, contemplant Nottola au-dessus de la ville, dans une position de régnant sur un balcon, position aussi de l’accusé dans un tribunal.
Mêlant une atmosphère policière et une profonde réflexion sur la responsabilité en politique, Francesco Rosi est l’héritier du néo-réalisme de Rossellini dans la volonté de faire des films comme on commet un acte politique. Mais, comme Rossellini, il dépasse la simple description en la sublimant, en jouant des cadres dramatiques : il utilise le cinéma et ses possibilités pour se faire l’écho d’une réalité sociale, réalité qui n’a pas tellement bougé depuis. [Ariane Beauvillard, critikat.com]

 

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Le 25/04/2018 La soif du mal

Mercredi 25 avril 2018 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Cycle " Corruption " (1/4)

La Soif du Mal / Touch of Evil

Orson WELLES (États-Unis, 1958 - 95 mn)

" Dis-moi mon avenir ". " Tu n'en as pas ". " Comment ça ? ".
" Ton avenir est épuisé."
 
Tana (Marlene Dietrich) à Quilan (Orson Welles).
" Welles, comme Chaplin ou Hitchcock, sont de ces monuments
auxquels il faudrait consacrer un volume
 " (B. Tavernier).

La critique des "experts du cinéma"
« (…) pour un créateur véritable une histoire, quelle qu’elle soit, n’est qu’un prétexte, et (…) les servitudes du film policier n’ont jamais été de celles qui brident irrémédiablement un talent. La Soif du Mal ne devait être qu’un film de troisième catégorie. S’il est autre chose, c’est qu’Orson Welles y a posé sa griffe et que cette griffe est celle d’un grand fauve de l’écran. »
(Jean de Baroncelli Le Monde – 7 juin 1958).
« Orson Welles démontre une fois de plus qu’il n’est pas de petit sujet pour un grand artiste. D’un roman policier courant, fait par n’importe qui, il a tiré une œuvre d’art étrange et noire, d’un style admirable, pleine de cette poésie puissante et saugrenue qui s’épanouissait dans La dame de Shanghai. (…) La Soif du mal, en plus de toutes ses richesses poétiques, plastiques, intellectuelles, est un film passionnant, aussi passionnant qu’un bon film policier. »
(Carrefour – 11 juin 1958).
« Jeu (intellectuel) de cache-cache ou expression sincère d’un tourment personnel ! Le film de Welles est tout à la fois, passionnant et haïssable. La mise en scène, fondée sur des travellings interminables et de savants effets de profondeur de champ, est d’un brio prodigieux. »
(Jean RougerieuxImage et Son N°113 – Juin 1958).
« C’est un film qui nous humilie un peu parce qu’il est celui d’un homme qui pense beaucoup plus vite que nous, beaucoup mieux et qui nous jette à la figure une image merveilleuse alors que nous sommes encore sous l’éblouissement de la précédente. D’où cette rapidité, ce vertige, cette accélération qui nous entraîne vers l’ivresse. Qu’il nous reste toutefois suffisamment de goût, de sensibilité et d’intuition pour admettre que cela est grand et que cela est beau. »
(François Truffaut Arts – 4 Juin 1958).
« Mêlant les longues prises acrobatiques aux plans courts et aux flashes d’un éclat violent, Welles fait passer à travers tout son film un rythme prodigieux, une sorte de mélodie de la vitesse qui précipite cette aventure vers son dénouement tragique. Tant de sûreté et de force dans l’emploi d’une technique au maniement difficile est celle d’un maître. Sur un petit sujet et dans un genre qu’il est le premier à mépriser, Welles a su néanmoins retrouver la grandeur et nous prouver une fois de plus son génie. »
(André Bazin  Radio Cinéma – 15 juin 1958).
« Pour retracer cette histoire où s’affrontent éternellement en un combat douteux l’ombre et la lumière, Welles utilise à merveille les splendeurs de l’art baroque. Aussi ne faut-il pas le prendre au pied de la lettre, quand il affirme qu’il a choisi un style baroque uniquement parce que les autres metteurs en scène ne l’ont pas fait. Il y a, au contraire, parfaite adéquation entre la vision d’un monde de démesure et de frénésie et l’expression torturée, saccadée, déformée, de ce monde. »
(Jean DomarchiLes Cahiers du Cinéma – Juillet 1958).

Pointes jointes: Fiche du film et Dossier "Lycéens au cinéma"

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Le 20/03/2017 Vienne avant la nuit

Mardi 20 mars 2018 à 20h
Cinéma Juliet-Berto (Place Saint-André, Grenoble)

Vienne la nuit

Robert BOBER (France, 2017 - 80 mn)

J’adore le passé. C’est tellement plus reposant que le présent. Et tellement plus sûr que l’avenir. (Robert Bober)

Robert Bober se plonge dans la mémoire de son arrière-grand-père qui a vécu dans une Vienne moderne et cosmopolite, dont la réputation fut illuminée et façonnée par les écrivains Stefan Zweig, Joseph Roth et Arthur Schnitzler.
Au-delà de cette recherche d’identité et de ce double portrait mêlant l’histoire de son aïeul et celle de la brillante intelligentsia juive du début du XXe siècle, Robert Bober, aujourd’hui âgé de 82 ans, évoque l’effondrement de l’Empire des Habsbourg, la naissance et la montée en puissance d’une national-socialisme jusqu’à l’Anschluss qui mit fin à la Vienne capitale culturelle de l’Europe.
Venu de Pologne et arrivé à Ellis Island le 8 juin 1904, Wolf Leib Fränkel, mon arrière-grand-père fut refoulé en raison d’un trachome. Retraversant la vieille Europe, il décida de s’arrêter à Vienne, en Autriche, où il reprit sa profession de ferblantier. C’est là qu’il mourra. En 1929. Né deux ans après, je ne l’ai donc pas connu. Pourtant, j’ai le sentiment que quelque chose de lui m’a été transmis. Il fut l’exact contemporain de Stefan Zweig, d’Arthur Schnitzler, de Joseph Roth, de Franz Werfel, de Sigmund Freud, ces auteurs qu’il m’a semblé en les lisant retrouver quelque chose de ce qui me relie à ma propre histoire et qui, comme mon arrière-grand-père, allaient m’accompagner dans la recherche et l’affirmation de mon identité. (Robert Bober).
Ce film a reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Robert Bober a bâti une œuvre d’une force et d’une délicatesse rare, interrogeant les silences, la mémoire et l’écriture, pour que l’obscurité s’éclaire.
En 1950, de retour d’Hollywood où il s’était réfugié dès l’arrivée au pouvoir d’Hitler, Max Ophüls tourne à Paris La Ronde, délicieuse et cruelle adaptation de la pièce de théâtre d’Arthur Schnitzler. L’auteur viennois, dont les nazis interdiront les œuvres, était mort en 1931, juste avant l’horreur. Mais le réalisateur du film, censé se dérouler à Vienne en 1900, âge d’or de l’empire austro-hongrois, lui, sait ce qui a eu lieu. Ce qui donne une résonance particulière aux premiers mots prononcés par le narrateur, qui parle évidemment pour Ophüls : J’adore le passé. C’est tellement plus reposant que le présent. Et tellement plus sûr que l’avenir.

https://cinevod.bm-grenoble.fr/video/AF4A7-robert-bober-la-cinmathque-de-grenoble 

 

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