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été

RDV mercredi 29 septembre pour le début d'une autre année cinématographique !!!!!!!



Mise à jour le Dimanche, 13 Juin 2010 20:22
 
mercredi 9 juin, "Les Triplettes de Belleville" vous font leur cinéma !
Jeudi, 03 Juin 2010 00:34

S’il est un nom que vous devez retenir dans l’univers de l’animation française, c’est bien celui de Sylvain Chomet. Aux antipodes de Disney, cet auteur et dessinateur de B.D. également réalisateur fait partie de cette famille qui prend le temps d’installer son univers décalé, qui pense à juste titre que l’animation n’est pas forcément une succession endiablée de plans destinés à un public « play station » ; qui pense que la lenteur peut aller de pair avec les sensations, l’émotion et la poésie. Ce n’est pas un hasard si Les triplettes de Belleville a été produit par les producteurs de Kirikou et la sorcière.

triplettes

Les triplettes de Belleville est un mélange étonnant (détonant pour ceux qui auront vu le film) d’un humour noir impitoyable et d’un regard terriblement humain, plein de tendresse et de compassion envers ses personnages. Un brin ringards et vieillots, ils parviennent à surpasser leur condition de losers condamnés à l’oubli, faisant rejaillir leurs propres talents, leurs ressources insoupçonnées pour ainsi vaincre les difficultés.  Il y a du Ghislain Lambert chez Champion, ce héros orphelin au nom si lourd à porter pour un cycliste de seconde zone. Champion, son chien Bruno, ou madame Souza, la grand-mère entraîneur, et bien sûr les fameuses triplettes de Belleville, des anciennes gloires du show-biz extravagantes, sont de merveilleux personnages qui suscitent souvent l’empathie.

triplettes

Pourtant, l’état psychologique des personnages principaux n’est pas des plus gais. Les triplettes de Belleville parle de solitude, de déshumanisation, d’exploitation, de tristesse, de dérives mafieuses, de villes froides et parle beaucoup de vie de chien. Si le tableau est sombre et emprunt d’un grande mélancolie, l’auteur préfère y voir de la nostalgie, qui baigne en effet ce film. Et n’allez surtout pas croire que la déprime vous attend à la sortie du film, car on rit beaucoup, souvent sans s’y attendre.  C’est la beauté des triplettes de Belleville : on est sans cesse surpris. On peut attendre trente secondes sur un plan fixe pour comprendre où le réalisateur veut nous emmener, et le rire ou l’émotion n’en est que plus jouissif. De plus, l’intrigue est imprévisible et Chomet n’hésite pas à nous balader où bon lui semble. On passe du tour de France à Belleville, cette immense cité franco-américaine. Entre le charme désuet de la vieille France et le pied de nez à l’américanisation des cités du monde, on change de décors (somptueux) et l’on savoure la qualité des traits et la qualité des plans, visuellement irréprochables.

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Sylvain Chomet se permet même le luxe d’un préambule sous forme d’hommage aux célébrités des années 30-40, avec des dessins à la Betty Boop. Tati, dont l’ombre plane sur le film, n’est pas en reste d’ailleurs. Faut-il le préciser, Les triplettes de Belleville est quasi muet et utilise la musique, parfois à l’intérieur même du film, avec enchantement.

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Plein d’inventivité, de poésie, de drôlerie, Les triplettes de Belleville est une des plus belles surprises de l’année ! (Alessandro Di Giuseppe, lequotidienducinema.com)

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Mise à jour le Lundi, 30 Août 2010 22:48
 
mercredi 26 mai, partez à l'aventure avec "Pee Wee's Big Adventure"
Jeudi, 20 Mai 2010 00:06
Étonnante histoire que celle du premier long-métrage de Tim Burton. Longtemps resté inédit dans le format DVD en France, passé inaperçu au cinéma, méconnu et sous-estimé, Pee Wee's Big Adventure ne traîne même pas une réputation de vilain petit nanar, car au final peu de gens l'ont vu (malgré une carrière culte dans les cinémas d'art et d'essai). Pour expliquer l'aura très particulière qui accompagne cette comédie atypique, il faut revenir en 1985 lorsque Tim Burton est débauché par la Warner après sa formation dans les studios Disney. Chez le papa de Mickey, le futur réalisateur de Batman aura contribué à l'élaboration de longs-métrages animés (Rox & Rouky et Taram et le Chaudron Magique) mais surtout se sera vu offrir l'opportunité de la mise en scène de son premier court (le formidable Vincent) et de son premier moyen-métrage (le très référencé et mignon Frankenweenie).

pee wee

Warner cherche alors un jeune réalisateur malléable, susceptible de donner vie à l'univers délirant de Pee Wee Herman. Ledit Pee Wee (de son vrai nom Paul Reubens) est alors la star de la télévision américaine avec sa Pee Wee's Play House, l'émission pour enfants la plus populaire des années 80. Irrésistible pour les petits, le ton décalé et la galerie de personnages fantasques qui peuplent le programme plaisent aussi beaucoup aux adultes. Pee Wee lui-même, sorte d'enfant gâté coincé dans un corps d'adulte, clown attachant et agaçant, incarne une grande part d'imaginaire, avec ce qu'il faut de tendresse et d'effroi. Les ambiguïtés du monde de Paul Reubens se rapprochent donc avec évidence des prémisses de celui de Burton, les deux étant évidemment faits pour s'entendre et se compléter.

pee wee

Un troisième larron arrive alors sur le projet, il s'agit de Danny Elfman. Auteur, compositeur et interprète pour le groupe de ska-pop Oingo Boingo, Elfman évolue lui aussi au sein d'une imagerie gothico-punk, faite de squelettes et de vieux films d'horreur, de carnavals de morts-vivants et d'histoires tragi-comiques. […] Pee Wee's Big Adventure sera sa première partition professionnelle, le début d'une collaboration fructueuse avec Burton (tous ses films sauf Ed Wood) et la naissance d'une patte immédiatement reconnaissable.

Mais Elfman est loin d'être le seul à trouver sa naissance artistique sur ce film, c'est bien sûr Tim Burton qui dévoile, en vrac, toutes les idées et tous les emblèmes de son oeuvre à venir. Des clowns terrifiants aux effets spéciaux bricolés (profusion de pâte à modeler) en passant par son amour des marginaux et sa perception gentiment satirique de la société américaine, tout est déjà là dans Pee Wee's Big Adventure. Certes, certains aspects doivent surtout leur paternité à Paul Reubens, principalement au niveau des protagonistes. L'émouvante Simone ou Mickey, le repris de justice, faisaient déjà partie de l'émission télévisée. Mais la symbiose est parfaite, l'entente est idéale, et l'on ne cesse de se dire que le film est bel et bien, déjà, un accomplissement de Burton. 20 ans après, le cinéaste s'est d'ailleurs fendu d'un film quasiment hommage à son premier long-métrage, Charlie et la Chocolaterie, qui partage bien des points communs avec Pee Wee...

pee wee

Grâce à l'énergie de Reubens, Pee Wee's Big Adventure est essentiellement une comédie burlesque, sous la haute influence des plus grands noms du genre. Impossible de ne pas penser à Charlie Chaplin quand Pee Wee, engoncé dans son costume trop étroit, se retrouve poursuivi par un énorme bûcheron au milieu de statues géantes de dinosaures. D'autres gags s'avèrent ainsi irrésistibles : l'utilisation de lunettes infrarouges dans le désert, une bataille sous-marine dans une piscine d'intérieur […]. Les dialogues ne sont pas en reste, en particulier lorsque Pee Wee laisse aller ses penchants de mauvais garnements (« I meant to do that » après une chute en vélo peu flatteuse ou le « I remember the Alamo » juste hilarant).

pee wee

Le scénario n'est pas qu'un prétexte à un One Man Show de Pee Wee. En effet le vol de sa bicyclette fétiche permet à Burton de dépeindre quelques scènes d'angoisse et de paranoïa assez déstabilisantes dans une oeuvre tout public et de relier de manière fort pertinente les différents lieux et intervenants. De même, si les parias finissent toujours par se comprendre et s'entre-aider, la description des humiliations de Pee Wee face aux gens « normaux » annonce clairement les thèmes chers au coeur du réalisateur. Sa poésie déjantée est aussi visible, de la maison-jouet du héros à la mise en abyme finale pleine d'humour. L'omniprésence de la musique, très inspirée, de Elfman contribue aussi beaucoup au charme de l'oeuvre, imitant Nino Rota par endroit ou se laissant aller à des élans de fête foraine hystérique. […] (www.ed-wood.net)

pee wee

Mise à jour le Jeudi, 20 Mai 2010 00:26
 
mercredi 12 mai, transformez-vous en "Fury"
Jeudi, 06 Mai 2010 00:19
Fury est le premier film que Fritz Lang tourna après son départ précipité de l’Allemagne Nazie où Hitler voulait faire de lui le cinéaste du Reich et son épouse et scénariste Théa Von Harbou avait succombé à la folie générale et s’était ralliée à la cause totalitariste qui embrasait le pays. On y sent toute sa rage contre ce système liberticide, faisant la part belle aux délires collectifs, et son envie de dire au peuple américain qu’un tel glissement n’est finalement pas si impossible que cela.

Fury nous propose de suivre l’histoire de Joe Wilson (Spencer Tracy), un honnête garagiste qui travaille dur pour avoir les moyens d’épouser sa petite amie Katherine Grant (Sylvia Sydney) dont il vit séparé. Alors que leurs finances leurs permettent finalement de se marier, Joe va se retrouver accusé dans une sombre affaire alors qu’il passe simplement dans une petite ville. Après qu’il ait été mis sous les verrous par malchance, une foule en colère va en faire son bouc emissaire dans une sombre affaire locale, attaquer la prison et y mettre le feu pour assouvir sa soif de justice immédiate. Joe va miraculeusement survivre à l’incendie de la prison et profiter du fait que tout le monde le croit décédé pour fomenter sa vengeance avec l’aide de ses deux frères.

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De cette trame terrible Fritz Lang retient surtout, comme à son habitude, les questions morales qui en découlent. La foule déchainée l’intéresse autant que la réaction de Joe et son changement radical d’attitude après sa mise à mort manquée. Ainsi le sujet du film n’est pas le « lycnhage » de Joe à proprement parler, mais bel et bien ce qui pousse les êtres humains (en nombre ou solitaires) à passer de l’autre côté de la barrière de la morale, et ce quel qu’ait été leur attitude ou leur état d’esprit avant ce passage à l’acte. Dans le cas de la foule vindicatrice, la mise en scène du lynchage exprime tout ce qui peut se passer dans la tête des participants qui se montent la tête les uns les autres et du fait de cette impression de puissance sans limites due au nombre de lyncheurs, s’enhardissent de plus jusqu'à aller commettre l’irréparable alors même que leurs intentions de départ n’étaient pas telles.

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Certes Lang s’y montre moins subtil que dans d’autres de ses films mais la puissance visuelle et l’impression de vérité qui s’en dégagent font vraiment froid dans le dos tant la progression de la haine et la montée en puissance du délire collectif sont montrées avec lucidité. Grace à sa science du cadrage et du montage, il fait vivre en direct au spectateur une sorte d’excitation collective qui peut certes paraître bien exagérée de nos jours, mais qui avaient lieu assez fréquemment semble t’il à cette époque. Trouver un bouc émissaire quelconque et lui faire payer le prix de toutes les haines et frustrations de la foule semble totalement injuste et inhumain d’un strict point de vue moral, mais dans la pratique il semble que ce soit un exercice hautement défoulatoire et jubilatoire sur le moment dont Lang a su montrer tout le mécanisme avec précision et objectivité, ce qui n’en rend cette longue scène que d’autant plus glaçante.

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Mais le film s’intéresse ensuite à Joe qui d’homme honnête et sincère va passer à un comportement de rage (certes compréhensible) que plus rien ne parviendra à calmer. Cet homme a changé du tout au tout et si la façon dont Fritz Lang nous le montre est à notre gout trop rapide, il n’en reste pas moins que sa nouvelle personnalité obsessionelle est aussi effrayante que les réactions de la foule vengeresse. Spencer Tracy exprime avec force toute la colère de Joe qui n’a plus qu’un seul objectif : se venger coute que coute. Mais ce qui intéresse Lang ce n’est clairement pas le résultat mais davantage jusqu’où peut conduire un tel comportement obsessionnel, à quel point la morale et l’éthique pourtant essentielles au maitien d’une démocratie sont facilement balayées d’un revers de main par un homme en colère.

[…] Fury est une œuvre nécessaire, une mise en garde virulente d’un homme ayant réussi à s’échapper inextremis d’un pays en proie aux mêmes maux que la foule vengeresse dont il parle dans son film. La démonstration que Lang fait de la necessité de penser avant d’agir, de toujours remettre en question et en perspective ses décisions est un exemple d’utilisation intelligente de toutes les composantes cinématographiques afin d’offrir un spectacle qui va plus loin que le simple divertissement et s’incrit dans un cadre éducatif.

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Un spectacle cinématographique capable de faire réflechir le spectateur sans utiliser de grosses ficelles mélodramatiques […] est une rareté qu’il est à notre avis important de faire découvrir. Seules les grandes différences dans la sensibilité de l’époque de tournage et la notre pourront créer un sentiment de naiveté dans l’esprit des spectateurs les plus jeunes ou les moins habitués à regarder de « vieux films ». Mais il n’y a point à douter que devant la force évocatrice de la mise en scène objective de Fritz Lang, l’intensité maitrisée du jeu de Spencer Tracy et l’intelligence comme la pertinence des problèmes moraux soulevés par le personnage de Joe, les réticences inévitables dues à l’age du film seront balayées. (DVDenfrancais.com)

fury

Mise à jour le Jeudi, 06 Mai 2010 00:24
 
mercredi 2 juin, faites la tournée du facteur avec "Jour de fête"!
Jeudi, 27 Mai 2010 00:37
La première œuvre de Jacques Tati est celle qui a le plus vieilli. Logiquement, car elle prend le parti de montrer un village campagnard de la France d'après-guerre dans toute sa joie de vivre. C'est d'ailleurs un extraordinaire film de renouveau, qui fait preuve d'un optimiste à toute épreuve, tranchant ainsi avec le désespoir de la 2e Guerre Mondiale. C'est avant tout un fabuleux document sur une France disparue et c'est la première pierre de l'édifice à la fois nostalgique et révolutionnaire que sera la filmographie de Jacques Tati. Jour de Fête est une comédie très amusante, souvent burlesque, parfois cruelle, toujours ancrée dans un village typique. Bourré de personnages caricaturaux mais attachants, le film est bien sûr dominé par Tati, acteur formidable, qui campe ici un postier à l'ancienne qui essaie de rivaliser avec la modernité américaine.

jour de fete

Ce thème principal est très important dans l'œuvre de Tati. D'une part parce que l'influence de la modernité et du mimétisme sur les individus deviendront ces principaux thèmes (plus tard ce sera plutôt l'influence des individus sur la technique qui dominera). Ensuite parce que c'est Tati lui-même qui va bientôt rivaliser avec les américains sur leur propre terrain. Car Jacques Tati est un cinéaste incroyablement moderne, précurseur sur un nombre incroyable de plans (en particulier sur l'usage des bandes sonores et même sur les idées de mise en scène). Pour preuve Jour de Fête est le premier film français en couleur (même s'il a fallu attendre presque 50 ans pour le découvrir dans cette version). Paradoxe d'un film dont le sujet est le terroir et dont le tournage fait appel à une technologie de pointe et à un sens incroyable de la mise en scène. (ed-wood.net)

jour de fete

Sorti à l’origine en noir et blanc sur les écrans français en 1949, ce Jour de fête devait en réalité être l’un des premiers films français d’après-guerre en couleur. Utilisant un tout nouveau procédé, le Thomsoncolor, Tati était déjà à la pointe de l’innovation. C’est grâce au très précautionneux chef opérateur qui suggéra de doubler toutes les prises en noir et blanc que ce film put voir le jour car Thomson ne parvint pas à tirer quoique ce soit des pellicules couleurs. Ce n’est qu’en 1995 que Jour de fête fut projeté selon les désirs de son réalisateur: en couleur !

jour de fete

Un village français comme il en existait des milliers à la fin des années 40 (Tati tourna Jour de fête dans le village Sainte-Sévère-sur-Indre où il se réfugia pendant le guerre, une façon pour lui de remercier ses habitants) s’apprête à célébrer sa fête annuelle. Un manège arrive sur la place du village et suscite l’enthousiasme des gamins, des hommes peinent à hisser le drapeau au centre de la dite place, le tenancier gronde les clients qui s’asseyent sur les chaises dont le vernis n’est pas encore sec, le facteur arrive, tout ceci sous le regard de la petite vieille du village qui promène sa biquette. Le temps d’une journée ou deux le village se transforme, s’anime soudainement, rompt avec la monotonie habituelle. François le facteur (Tati himself), quelque peu moqué par les forains et les habitants, décide après avoir vu un documentaire sur le fonctionnement des postes en Amérique de changer ses méthodes de tournée selon deux maîtres-mots: efficacité, rapidité. (…)

jour de fete

Un bijou, un ravissement, un enchantement. Pour son premier long métrage Jacques Tati invoque déjà un thème qui sera présent dans toute son œuvre, à savoir l’opposition entre tradition et modernité, entre ceux qui savent prendre leur temps et vivre et les autres, toujours pressés. Jour de fête constitue, en 80 minutes, le parfait antidote à la morosité. Sans effets tapageurs, tout en sobriété et en subtilité (comme Tati savait si bien le faire), il est le témoignage d’une époque qu’on se prend à regretter. “Ah la France de jadis, c’était quand même queq’chose ma bonne dame !” (toutmoncinema.com)

jour de fete

Mise à jour le Jeudi, 27 Mai 2010 00:44
 
mercredi 19 mai, résolvez un mystère avec "Un Homme est passé"
Mercredi, 12 Mai 2010 02:19
Film de John Sturges (Bad Day at Black Rock, USA, 1955). Scénario : Millard Kaufman, d'après l'histoire d'Howard Breslin. Image : William C. Mellor. Musique : André Previn. 80 mn. VM. Version remasterisée. Avec Spencer Tracy : George MacReedy. Robert Ryan : Reno Smith. Anne Francis : Liz Wirth. Dean Jagger : Tim Horn. Walter Brennan : Doc Velle. John Ericson : Pete Wirth. Ernest Borgnine : Coley Trimble. Lee Marvin : Hector David. Genre : western anachronique. « Il y a toujours quelqu'un pour venir fouiner par ici. Pour l'historien, c'est l'Ouest des pionniers ; pour l'écrivain, c'est l'Ouest sauvage ; pour l'homme d'affaires, c'est l'Ouest sous-développé. [...] Mais pour nous, c'est notre pays, et nous voulons qu'on nous laisse tranquilles. » Ainsi s'exprime l'un des rares habitants de Black Rock, petite bourgade américaine perdue en plein désert […]. Le fouineur, c'est Spencer Tracy, manchot et vétéran (nous sommes en 1945), unique passager du Southern Pacific, bien décidé à venir perturber cette communauté de cow-boys arriérés. Dans l'indispensable 50 Ans de cinéma américain, Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier ne sont guère tendres avec John Sturges. Les Sept Mercenaires et Règlement de comptes à O.K. Corral sont injustement expédiés en trois lignes. Seul Un homme est passé trouve grâce à leurs yeux pour son « excellent scénario » et son utilisation du Cinémascope qui met en valeur la « photogénie paradoxale des grandes étendues désertiques ». Il possède en effet la rigueur du film à thèse libéral (au sens américain du terme, donc de gauche) des années 50 ainsi que d'évidentes qualités plastiques. Tourné au moment où Hollywood vivait encore sous le joug de la « chasse aux sorcières », ce puissant réquisitoire contre la lâcheté collective réactualise avec brio le thème de l'ordre et de la loi cher au western. (Jérémie Couston , www.telerama.fr)

Un hommeun homme

Stupéfaction à Black Rock, petite ville perdue au beau milieu du désert californien : pour la première fois depuis quatre ans, l’express de Santa Fe fait une halte. En descend un manchot que personne ne connaît et qui désire rencontrer un certain Komako. Un étrange mutisme l’accueille à ce seul nom ; un secret semble lier tous les habitants qui ne souhaitent qu’une seule chose, que l’étranger retourne chez lui très vite... John Sturges, réalisateur d’un bon nombre de très grands films durant les années 50 (dont ses westerns entre autres), signe ici son œuvre la plus souvent citée par la critique. Sur un scénario millimétré, tendu et resserré au maximum (l’action se déroule en 24 heures), le cinéaste nous offre un mélange de western (pour les décors), de film noir et de suspense parfaitement équilibré, monté au cordeau, superbement filmé (rarement à l’époque le Cinémascope aura été aussi utilisé avec autant de virtuosité) et bénéficiant d’un casting d’enfer. Un Spencer Tracy seul contre tous, parfait malgré son aversion de départ pour le personnage et qui obtiendra le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes, face à une belle brochette de "Bad Guys" interprétés par non moins que le fin du fin en ce qui les concerne : Robert Ryan, Ernest Borgnine, Dean Jagger et Lee Marvin. Rajoutez-y le toujours excellent Walter Brennan et la toujours craquante Anne Francis, laissez-vous flatter l’œil par la magnifique photographie de William C. Mellor, et laissez-vous bercer l’oreille par la puissante partition d’André Prévin. Avec tous ces éléments parfaitement agencés, il va être difficile de résister à ce très beau film sur la lâcheté collective. Une sorte de petit chef-d’œuvre. (Éric Maurel, tvclassik.com)

un homme

Un homme est passé a souvent été décrit comme un western moderne dans le sens où il se passe dans une minuscule bourgade perdue au milieu d’un immense désert de l’Ouest américain et qui semble livrée à elle-même, en dehors des lois. L’arrivée fortuite d’un étranger (Spencer Tracy) va perturber cette petite communauté qui porte un lourd et honteux fardeau. Plusieurs points sont remarquables dans la façon avec laquelle John Sturges aborde cette histoire de lâcheté collective : la mise en scène de l’attente, l’observation, la suspicion, la méfiance, et l’utilisation du Cinémascope, procédé pourtant très récent (1 an ou 2 au moment du tournage) mais pour lequel le réalisateur montre une maîtrise remarquable, parvenant à amplifier les sentiments d’isolement, de perte d’humanité et d’attente par ces cadrages très larges. Le suspense est maintenu à un niveau constant et élevé pendant les 81 minutes du film, extrêmement efficace, bien soutenu par une interprétation dense et forte. (lemonde.fr)

un homme

Mise à jour le Lundi, 30 Août 2010 22:47
 
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