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mercredi 10 février, vivez une fin heureuse avec "La Vie est belle"
Jeudi, 04 Février 2010 02:55
vie est belle[…]La Vie est belle est le film préféré de son réalisateur (Frank Capra), grand artiste qui nous a offert nos plus belles joies de cinéma à travers bien des chefs d'oeuvre. […] Il est sans doute le plus symbolique de l'esprit de Capra, de cette émotion qu'il parvient à inspirer au spectateur. Comme au sein d'un beau conte, mais qui toujours flirtera avec les zones d'ombre de la nature humaine (l'oeuvre a aussi une dimension sociale non négligeable). L'immense générosité de Capra est lucide. Ces films sont comme des remparts à l'adversité, comme les refuges d'une innocence naïve certes, mais si revigorante.

Le film se place d'emblée dans une tradition surnaturelle et merveilleuse. Des anges (sous forme d'étoiles brillantes dans un ciel nocturne) discutent entre eux du sort d'un certain Georges Bailey. Ce dernier est au désespoir et va se suicider un soir de Noël. Le tableau est déjà bien noir pour poser les fondements d'un beau conte. Une bonne partie du film va consister en un simple postulat: connaître cet homme et comprendre ce qui l'a conduit à ce geste. Son ange gardien Clarence pourra alors intervenir pour tenter de le sauver et gagner ainsi ses ailes.

vie belle

On va donc suivre les grands moments de la vie de Bailey depuis l'enfance, lorsqu'il sauve son petit frère de la noyade dans un lac gelé. Il avertit plus tard le pharmacien qui l'emploie qu'il allait commettre une erreur funeste. Il rencontre enfin celle qui sera la femme de sa vie. Il y a également un autre aspect. On voit ce héros assumer ses responsabilités et renoncer à ses vieux rêves de voyages pour reprendre l'entreprise familiale de prêts et construction. Il a une approche humaine de sa profession. Il veut permettre aux gens de posséder leur maison. Il s'élève contre le vieux Potter, entrepreneur sans scrupules qui règne sur la ville. Ce dernier ne pense qu'à s'enrichir sur le dos des honnêtes gens. Bailey est une sorte de bienfaiteur, une figure classique de Robin des bois ou d'humble David contre un affreux Goliath. Un homme si irréprochable ne saurait être l'objet de tourments suicidaires.

vie belle

La trouvaille de Capra est de lui infliger cette souffrance morale. Alors que Bailey vit une large partie du film dans un bonheur sans nuages, son oncle, qui a égaré 8000 dollars, va le plonger dans la détresse. Ainsi, l'homme exemplaire, si heureux et bienveillant qu'il en devenait presque agaçant, en est réduit à la dernière extrémité. […] Mais trahissant ainsi tous ses principes, il perd l'envie de vivre et se dit que le monde se porterait bien mieux sans lui. C'est là que la dimension merveilleuse, qui était le prologue du film prend tout son sens. Le récit conventionnel d'une success story légère, change de nature. C'est ce qui fait la grandeur de ce film, avoir poussé le cliché du bonheur à bout et pendant longtemps, l'avoir détaillé même au point qu'on y voyait le coeur de l'histoire. Tout est bouleversé dans la dernière demi-heure. Capra revient habilement sur les certitudes que le spectateur croyait acquises. La lumière radieuse devient nuit noire, la réalité devient autre, le désespoir s'invite dans un monde d'où il semblait exclu. L'insouciance est brisée d'une façon assez radicale.

vie est belle


[…] La part d'ombre du personnage est pourtant suggérée très tôt. On sent un renoncement et une frustration en lui lorsqu'il choisit d'aider les autres plutôt que de vivre sa vie. Il ne sera pas l'aventureux voyageur qu'il rêvait d'être. Il sera un bon citoyen de sa petite ville Bedford Falls, qu'il ne quittera jamais, oeuvrant à maintenir à flot l'entreprise familiale, au service des bonnes gens qui ont droit au bonheur. La « recherche du bonheur » est d'ailleurs inscrite dans la constitution américaine, ce qui fait de Bailey un défenseur de ces valeurs fondamentales, contre le capitalisme inhumain du vieux Potter. Il est l'humain contre le système, un peu comme dans M. Smith au Sénat. Il incarne donc un motif cher au coeur du réalisateur, et très récurent dans son oeuvre. Il est presque l'archétype du héros chez Capra.

[…]

Peut-être que le plus beau résumé de La Vie est belle est dans cette citation de John Lennon : « La vie, c'est ce qui arrive pendant qu'on est occupé à faire d'autres projets ». Et c'est ce présent là, inestimable, que Capra le magicien amène à la conscience de son spectateur. On lui sera éternellement reconnaissant de cette sublime simplicité.  (Nicolas Houguet, excessif.com)

vie belle

Mise à jour le Mercredi, 24 Février 2010 10:33
 
merdredi 3 février, dévergondez-vous avec "Sérénade à trois"
Mardi, 02 Février 2010 01:58

sérénade[...] En avril 1933, Lubitsch se rend à New York pour y travailler avec Ben Hecht sur le scénario tiré de «Design for living», une pièce célèbre de Noël Coward. Le cinéaste n'entendait n'en retenir que le titre et l'argument général (en fait une seule réplique en réchappa). Pour le reste, il s'agissait de respecter l'esprit de Coward à travers un texte entièrement différent – de même que Lubitsch avait respecté celui de Wilde dans Lady Windermere's Fan sans citer un seul de ses mots. [...]

sérénade

Et le miracle Lubitsch se produit. Avec un matériau de base volontairement ingrat et une situation explosive tant pour la censure que pour la morale traditionnelle, le cinéaste crée de l'élégance au moyen d'une unique baguette magique : la mise en scène, toujours plus nette, plus limpide dont l'ouverture est comme de coutume un remarquable exemple. En quelques plans muets, sauf pour le ronflement des deux acteurs, Miriam Hopkins monte dans le compartiment, s'assoit, observe les voyageurs pour les «croquer», étend ses jambes entre eux ; à leur tour les deux jeunes gens se réveillent, la regarde. Tout ce jeu tisse en un éclair la relation triangulaire et ses composantes – désir, rivalité, ironie – ainsi que les allées et venues entre les banquettes qui placent d'abord face à face, puis côte à côte, puis à nouveau face à face mais de façon inversée, la femme et les deux hommes.

sérénade

Le ballet ainsi déclenché se poursuivra, aussi précis, dépouillé et rigoureux, pendant tous le film : visite de Gilda chez les deux hommes, Chambers au théâtre, la réception  chez Plunkett... Une fois de plus on a envie de tout citer ! Et les ellipses s'offrent le luxe de ne pas être des «trompe-censure» ; la plus célèbre sur la porte de Max et Gilda au soir de leur noce, cache en fait que chose qui ne se produit pas. Pour le reste, les ellipses sont simplement des mesures de sobriété. On ne voit pas la vie mondaine de Chambers à Londres, les acteurs de sa pièce ou les riches clients de Curtis. Un son «off» suffit – rires, applaudissement, voix – ou une allusion, ou un vêtement éloquent (un smoking porté au petit déjeuner, par exemple). [...]

Les conséquences de telles méthodes sont tant pratiques qu'esthétiques. Si Trouble in Paradise et Design for Living marquent le triomphe du style Lubitsch, dépouillé, aigu, transparent, c'est aussi parce qu'ils sont des miracles d'économie. Quand tout se passe hors du champ, il ne reste plus sur l'écran que l'essentiel – une horloge, une porte fermée – peu coûteux à filmer, mais combien riche de ce qui n'est pas montré.

sérénade

Et le problème moral ? Dans Design for Living, une femme aime deux hommes à la fois : situation moins choquante qu'inconfortable d'un point de vue strictement pratique. Or l'inconfort est inélégant. Comment donc faire évoluer gracieusement des personnages en eau si trouble ? En leur donnant, sur le plan de la morale, la désinvolture qui manque à leurs manières. Ils n'obéissent qu'à l'impulsion de l'instant, rompant des promesses à peine tenues parce qu'absurdes (ainsi un «gentleman's agreement» entre deux hommes et une femme !), ignorent mémoire, rancune et loyauté, toutes catégories connues pour hypothéquer la vie et le bonheur. Comme tous les personnages de Lubitsch, ils sont éminemment disponibles, échappent par là à toute notion de faute, et sont donc pardonnables même aux yeux de la morale la plus sévère. Le brave Max lui-même (E.E. Horton), comme ses trois amis, fait passer son intérêt et son bonheur avant tout : marié si on veut de lui, quitté s'il n'a pas le choix, et vite consolé par un coup de téléphone de M. Egelbauer... Peu différent au fond de Gilda, George et Tom, il a lui aussi le charme discret de l'inconséquence. D'ailleurs Sérénade à trois s'appelle en italien Partita a quatro... c'est tout dire ! (Jacqueline Nacache, Lubitsch, Edilig)

sérénade

Mise à jour le Mercredi, 24 Février 2010 10:32
 
mercredi 27 janvier, restez éveillé avec "L'Invasion des profanateurs de sépultures"
Jeudi, 21 Janvier 2010 02:27
Le Centre Culturel Cinématographique est heureux de vous présenter la seconde édition de son Festival des Maudits Films avec, en pré-ouverture, l'avant-première national du film multi-récompensé AMER le mardi 26 janvier à 20h au Cinéma Le Club et en ouverture, le sublime et intemporel INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES le mercredi 27 janvier, à 20h, dans la superbe salle Juliet Berto.

L’histoire narrée dans
Invasion of the body snatchers est issue d’une nouvelle publiée dans le magazine de science fiction Collier’s. Walter Wanger la découvre, en achète les droits pour en faire un film et en parle à Donald Siegel qui a déjà réalisé pour lui Riot in Cell Block II. (…) Dans ces conditions particulièrement restrictives, Don Siegel fait preuve d’une maîtrise de la mise en scène qui servira de tremplin à sa carrière et nous livre un des films de science fiction les plus terrifiants de l’histoire du cinéma
.invasion

Si l’on compare le budget de cette production aux deux millions de dollars de Planète interdite ou aux 995 000 dollars du Jour où la terre s’arrêta, le projet mis en œuvre par Wanger paraît bien ridicule. Mais Siegel est inspiré par cette histoire d’invasion "alien" et il va réussir à installer une ambiance de paranoïa dans les salles obscures, le succès commercial sera au rendez-vous.

Sa mise en scène démarre calmement (plans larges, mouvements lents), il crée ainsi un climat tranquille dans la petite ville de Santa Mira. Les habitants sont des personnages comme le public en croise chaque jour et auxquels il peut facilement s’identifier. Mais au fil des évènements, il devient évident que la paranoïa détectée par le docteur Miles chez certains de ses patients repose sur des faits réels. Puis les spectateurs doivent faire face à une évidence horrible : les extra-terrestres sont à leurs porte. Pour exprimer cette sensation d’urgence née du récit, Siegel utilise des focales plus courtes et accélère son montage. La scène où le docteur Miles fuit avec sa compagne en est un parfait exemple : les deux protagonistes se cachent sous le plancher et paniquent à l’idée que les « aliens » au corps humain les découvrent. Pour traduire cette sensation, il colle sa caméra sur les deux visages figés par la peur, le public a alors l’impression d’être caché avec eux. Grâce à la multiplication et l’accélération de ces effets, la tension ne cesse d’aller crescendo jusqu’à cette scène mythique où Kevin McCarthy essaie de se faire entendre au milieu d’une autoroute. Désespéré, il fini par se tourner vers le public, et lui crie "You’re the next"; un sentiment d’effroi et de panique envahit alors les salles de cinéma ! (…)

invasion

Invasion of the body snatchers peut être apprécié comme une allégorie de la société américaine, mais c’est celle qu’en fera Don Siegel dans son autobiographie qui paraît la plus juste. Le réalisateur y voit une métaphore sur l’absence d’humanité et de passion d’une certaine population. A sa façon, il rejoint les premiers écrits beatnik en dénonçant une uniformisation de la société américaine.

(…) Quelques années après, il réalise deux nouveaux chef d’œuvres avec Clint Eastwood comme interprète (The Beguiled et Dirty Harry), et confirme son immense talent de cinéaste … (dvdclassik.com)

invasion

Mise à jour le Vendredi, 22 Janvier 2010 01:46
 
mercredi 13 janvier frissonnez avec "Entre le ciel et l'enfer"
Jeudi, 07 Janvier 2010 02:39
ciel enferOn serait tenté de découper clairement Entre le Ciel et l’enfer en deux blocs distincts, qui n’auraient pas grand chose à voir l’une avec l’autre. Le contraste est grand entre le premier segment, intégralement situé dans la maison de Gondo, et plus précisément dans son living-room, et la seconde partie, plus ambulante, plus nerveuse, comme impatiente de passer d’un lieu à l’autre, et de tisser une toile imparable et chaque fois plus tendue autour d’un vide progressivement discerné.

ciel enfer

Ce premier moment, un huis clos qui fait peu à peu monter la tension en exposant un à un les enjeux moraux passe vite, par la rigueur de la construction, pour une démonstration de virtuosité, à une leçon d’écran large en intérieur, exposant une scène stylisée, surchargée de personnages dont le défi premier serait de ne jamais sortir du champ, et de parfaitement s’agencer en permanence dans chacun des vingt-quatre clichés qui composent une seconde de cinéma. Le monde du dehors est constamment filtré par des rideaux et par une porte-fenêtre, lucarnes sporadiquement entrouvertes qui ne laissent accès qu’aux murmures indistincts et menaçants de la ville. La distance induite par les plans séquences (…) accentue le sentiment de captivité de Gondo, lion en cage brutalement réduit à arpenter fébrilement son territoire, filmé comme un blockhaus moderne moins exposé qu’encerclé. Le son est soumis au même traitement, puisque c’est par le téléphone que le monde extérieur s’insinue dans la pièce. On craint le théâtre, c’est pourtant du cinéma.

ciel enfer

Oppressant, le dispositif explose soudainement lorsque les décisions sont prises. Alors que Kurosawa vient de montrer plus ou moins ostensiblement que, sur un sujet revendiqué comme personnel, il ne rechigne pas à l’exercice de style, c’est désormais vers la mobilité et la traque que le film se dirige en se consacrant à la description méthodique de l’enquête menée par des policiers déambulations dans les rues de la ville et les scènes de commissariat, où le cadre bondé de personnages démocratiquement égaux semble accorder comme une préférence au collectif sur l’individu. La veine documentaire qui irrigue le film appelle directement la filiation américaine du scénario (Ed McBain), et relie Entre le Ciel et l’Enfer à la longue tradition de ce cinéma noir ultraréaliste, si commun et pourtant immanquablement dépaysant. Juste retour du film noir en terre japonaise, où même incompréhension contemporaine, quand même filmer au plus près ne permet plus de comprendre la réalité ?

ciel enfer

Ce qui se joue dans ce film, c’est une autre tentative du cinéaste pour aborder le problème du Mal, dont chaque orientation cinématographique est un essai de compréhension, presque de résistance, qu’il sait pourtant voué à l’échec répété. Tous les recours, toutes les ressources de l’esprit et du cinéma sont employées, mais aucune ne parvient à saisir ne serait-ce que le véritable périmètre de ce à quoi il s’attaque. (…)(Frédéric Camus, objectif-cinema.com)

ciel enfer

Mise à jour le Lundi, 11 Janvier 2010 01:39
 
du jeudi 28 au samedi 30 janvier, le Festival des Maudits Films continue !!!
Jeudi, 28 Janvier 2010 01:48
pour plus d'informations sur les séances, les réservations, les tarifs... cliquez ici !

RF
Mise à jour le Jeudi, 28 Janvier 2010 02:40
 
mercredi 20 janvier rebellez-vous avec "le Roman de Mildred Pierce"
Jeudi, 14 Janvier 2010 02:33

mildred pierceIl était une fois le temps (béni ?) du grand Hollywood où chaque studio, fort de ses acteurs stars et de ses réalisateurs fétiches, s’était spécialisé dans un « genre » particulier qu’il porta à son apogée. À la MGM le rêve, les grandes épopées et la comédie musicale ; à la Fox les films à contenu plus « social » et réaliste, et à la Warner les films d’aventure et les polars. Mildred Pierce, 69e film de Michael Curtiz (l’un des indéboulonnables de la Warner, pour qui il réalisa entre autres Casablanca, Les Aventures de Robin des Bois ou La Charge de la brigade légère) s’inscrit à plein dans la veine prolifique du « film noir », même s’il en est parfois détourné par sa trame de drame conjugal bavard.

Tiré d’un roman de James M. Cain, l’un des auteurs de polars les plus adaptés à Hollywood avec Chandler et Dashiell Hammett, Mildred Pierce est la confession en flash-back d’une femme brisée par les vicissitudes de la vie. Abandonnée par son premier mari, Mildred Pierce se força à travailler d’arrache-pied pour monter sa propre affaire puis se jeta dans les bras d’un aristocrate désargenté et opportuniste pour satisfaire les goûts de vie bourgeoise de sa fille aînée, trop gâtée, trop capricieuse, incapable de comprendre l’amour sacrificiel de sa mère.

mildred pierce

Le film s’ouvre sur l’événement qui va provoquer cette confession : le meurtre inexplicable d’un homme (…) . La tension angoissante rendue par la lenteur de l’acte (l’homme, grimaçant, tombe lentement face caméra, des impacts de balles brisent un miroir, puis l’homme, en gros plan, marmonne « Mildred » avant de mourir) plonge immédiatement Mildred Pierce dans l’atmosphère du film noir. Michael Curtiz compose sa partition sur les tonalités d’un noir et blanc plus noir que blanc, s’aidant de lumières artificielles aveuglantes qui projettent sur des murs immaculés les ombres terrifiantes, plus grandes que nature, de personnages dont on ne fait, finalement, que deviner la présence.

mildred pierce

Ce jeu d’ombres recoupe celui des miroirs, reflets de l’ambiguïté à la fois des personnages, mais aussi de la temporalité. Au travers de l’image déformée, inexacte, filmée parfois sans son référent, le spectateur ne sait plus qui est qui, qui représente quoi, ou même où il se trouve. L’énigme de chacun (quelles sont ses motivations, ses affinités) agit en parallèle avec l’énigme principale (qui est le coupable du meurtre), sans jamais prendre le pas sur le troisième fil rouge du film, les relations difficiles, voire cruelles, d’une mère avec sa fille. Le duo composé par Joan Crawford et la jeune Ann Blyth (toutes deux remarquables) surprend alors par sa noirceur et sa violence à peine larvée.

mildred pierce

Le malaise général ressenti à mesure que se déroule Mildred Pierce est surtout fonction de la mise en scène intimiste de Curtiz, artisan remarquable du grand Hollywood. De contre-plongées en gros plans inattendus, en passant par des ruptures brutales dans la narration (une grande partie du film est réservée à la description de la réussite professionnelle de l’héroïne, entrecoupée de moments de comédie pure), il assure à son œuvre un rythme tendu, haletant, appuyé par la musique d’un autre grand de l’époque, le compositeur Max Steiner.

Joan Crawford reçut cette année-là l’Oscar bien mérité de la meilleure actrice, face à une consœur tout aussi talentueuse, Gene Tierney, qui concourait pour le chef-d’œuvre de John M. Stahl, Péché mortel. Il était une fois le film noir en Amérique...(Ophélie Wiel, critikat.com)

mildred pierce

Mise à jour le Jeudi, 14 Janvier 2010 02:52
 
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