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Rendez-vous

le 29 septembre

pour la rentrée du CCC !!!

à 20h
salle Juliet Berto

 

 

mercredi 14 octobre à 20h, faites une "Balade sauvage" dans les "Badlands"
Lundi, 12 Octobre 2009 00:28

badlandsTerence Malick, alors jeune réalisateur, entretiendra ses promesses en dispersant ses trois films sur 30 ans ( Les moissons du ciel , La ligne rouge ). Il rend alors le spectateur impatient et celui-ci lui voue un culte indescriptible (équivalent de celui lié à Kubrick). Le cinéaste prodige signe avec Badlands un premier film ambitieux, hors norme, inclassable.

Son récit est simple et linéaire: la fuite d'un couple, Kit et Holly, dans une débâcle criminel. Kit se laisse aller à ses pulsions (il tire sans justifications) et Holly le suit avec sa naïveté et ses ambitions de liberté et d'amour. D'un côté, le cas clinique et dénué d'émotion; de l'autre, un affect démesuré jusqu'à l'aveuglement.

Références

A partir de ce canevas conventionnel, Malick réussitt à intéresser par la création d'une forme significative et par la métaphysique de ses images. Son univers personnel peut être néanmoins rattaché à plusieurs sources d'inspiration.

Tout d'abord, Badlands rappelle les films criminels des années 30-40 et son contemporain Bonnie and Clyde. Dans sa première période, le film criminel à vu naître des figures de subversions, les ombres d'une société codifiée qui vivent en marge, dans des entrepôts ou en sous sol, à l'image des Little Caesar ou Scarface . Leur personne et leurs actes se trouvent mythifiés, héroïsés malgré leur fin tragique. Dans Badlands , on retrouve cette transgression devenue spectacle et qui aboutit sur un échec, on retrouve l'itinéraire christique d'un anti-héros.

La subversion d'individus révoltés contre la société à la manière du Bonnie and Clyde d'Arthur Penn est initiée par le cinéaste Nicholas Ray ( Les amants de la nuit , La fureur de vivre ) qui contribua au mythe de James Dean. Teinté de romantisme, l'antihéros se sent exclu, rejeté, et s'associe à la seule créature qui daigne l'accompagner dans ses aventures. On ne peut pas parler d'amour à propos du tandem ainsi constitué mais d'une complicité face au danger, un rempart contre l'adversaire, une manière de romancer et de mythifier la protestation sociale. Kit et Holly sont à l'image de Bonnie et de Clyde, de Thelma et de Louise. Aussi, la protestation s'accompagne d'un détachement social, d'où la fuite et le road movie . Ces couples sont des spectateurs d'un monde inadapté à leur soif de liberté, d'évasion.

Ainsi, Terence Malick emprunte à un genre pour faire sa propre critique, pour dresser un pamphlet contre son pays. Il montre que ce que le rêve américain a laissé espérer (évasion, ascension sociale…) est incompatible avec les limites que s'est données la société. Malick, comme tout grand cinéaste, illustre son idée par la forme de son film.

Badlands Badlands

Le contraste

Badlands est fondé sur le contraste entre la forme et le discours. L'esthétique est plutôt « tranquille », avec des couleurs chaudes, une esthétique de carte postale baignée d'une atmosphère nonchalante, renforcée par la voix off blanche et indifférente de Holly. En contrepoint, on voit à l'image des meurtres qui s'accumulent dans une simplicité effrayante. Malick utilise une ironie rhétorique lorsqu'il fait dire à la lumière le contraire de ce que révèlent les images. Son utilisation paradisiaque de la nature et des êtres vivants minuscules qui la peuple laisse croire à un monde merveilleux sans danger et participe à montrer l'envers du rêve américain. Il s'agit d'une ironie de l'inconscience ou de l'innocence.

La répétition

L' autre figure de style est la logique de répétition entretenue dans le film. La soif de meurtre de Kit est pathologique, inexpliquée et provient de l'inconscient de toute une société qui engendre ses propre maux. Cette pathologie engendre une « mécanique de meurtre », la répétition des tueries, des situations. Cette répétition qui contamine le montage, la forme même du film, correspond à l'état viscéral, clinique, déshumanisé de Kit, produit de la société qui est critiquée.

La force du film provient de sa dialectique. Émouvant et tranchant. Lyrique et sec. Intelligent et inconscient, simple et inexpliqué, dans un monde où se côtoient les forces les plus primitives (poussées par des pulsions incontrôlées) et les puissances civilisées qui ont le devoir de contrôler.

Badlands ne serait pas si émouvant, si romantique, si une chance de victoire n'était pas donné au rêve, aux illusions, dans l'entre-deux de l'inexpliqué. Entre la raison et l'inconscience, entre l'ordre et le désordre, entre des valeurs rigides qui constituent notre monde, il y a tout un pan où l'instable règne et où peut naître une émotion imprévisible, inexpliqué.

La Balade sauvage est aussi celle du spectateur. (Benoit Basirico, Cinezik.org)

Badlands

Mise à jour le Jeudi, 15 Octobre 2009 08:47
 
Mercredi 7 octobre à 20h, venez visiter les "Mean Streets"!
Jeudi, 01 Octobre 2009 00:37

Mean Streets Révolution à Hollywood : depuis le milieu des années 1960, le cinéma suit  le mouvement culturel populaire pour briser les chaînes des studios (déjà bien éreintées) dans les années 1970. Exploser les conventions, donner du crédit à la série B (Friedkin), faire de la liberté le credo ultime (Dennis Hopper), filmer la rue et ses anonymes (Schatzberg), explorer l’inconscient (Cassavetes), dénoncer l’histoire en train de se faire (Coppola)... Des cinéastes débordant d’énergie et d’amour du cinéma font fi des conventions et du manque de financements pour renouveler le langage cinématographique. Avec Mean Streets, son premier film marquant, le tout jeune Martin Scorsese (30 ans à l’époque) apporte sa pierre à l’édifice. Au-delà du fait historique − ah, De Niro mignon et encore innocent −, Mean Streets est un fait cinématographique, où Scorsese établit toutes les fondations de son œuvre à venir. La Quinzaine de Cannes eut l’œil en le remarquant.

Tout jeune cinéphile qui a d’abord célébré le Scorsese "d’après", celui de Casino (au top 10 du nombre d’utilisations du mot « fuck » − dans toutes ses variantes) ou de Gangs of New York (taux d’hémoglobine équivalent), s’attend forcément au même déchaînement de violence en découvrant ses Mean Streets (Rues dangereuses ? trop faiblard en français). Erreur : les héros de cette œuvre finalement très singulière sont à peine des "apprentis" gangsters, juste des paumés un peu ridicules qui font semblant de jouer dans la cour des grands, volent des gamins pour aller au cinéma et prennent peur au moindre coup de feu. Un meurtre et c’est la débandade : Charlie et ses potes (même Johnny Boy, qui s’entraîne avec son flingue sur les toits des immeubles) se terrent, transpirent, halètent, on pourrait entendre une mouche voler. Tuer ou voir tuer avec le même sang-froid que Michael Corleone ne leur viendrait même pas à l’esprit.

Mais voilà : Charlie, Johnny, Tony et les autres s’ennuient, ont des rêves de grandeur. Surtout Charlie (remarquable Harvey Keitel), qui aimerait suivre les traces de son oncle si respecté dans la mafia italienne, mais reste inerte par conflit avec les valeurs religieuses qu’on lui a inculqué. « Le plus difficile, c’est le côté spirituel » : comment tout abandonner pour vivre son amour interdit avec la jolie Teresa, surveillée par son entourage très catholique, comment sauver son voyou d’ami Johnny quand tout le monde lui intime de le laisser tomber ? Comme Coppola avec Le Parrain, mais choisissant un traitement tout à fait différent, Scorsese joue avec cette contradiction inhérente au "Milieu", hypocritement attaché à la religion, mais peu avare de vies humaines. Il faut voir avec quelle aisance Charlie passe de l’austère église au bar de call-girls teinté de rouge (sang et sexe). Et le Christ tendant les bras en haut d’un immeuble est bien trop éloigné de ses fidèles, qui passent sans le voir de leur cage d’escalier bruyante à la rue, et de la rue au bar... « Le quartier et mes copains, c’est tout ce qui compte », hurle Charlie. Réplique presque enfantine, qui va l’embourber dans un méli-mélo aux proportions démentes : une dette d’argent, des menaces presque pour rire et le meurtre, le vrai, injustifié, filmé au ralenti pour prendre la mesure de l’écœurement du sang qui gicle sans s’arrêter de la gorge de la victime, alors que la vie continue ailleurs, à l’abri de ces mean streets... [...]

Mean Streets

Mean Streets

Mean Streets, c’est d’abord un film un peu plus que bricolé avec les moyens du bord, mais sans financements faramineux. Vingt-cinq jours de tournage, et une caméra qui filme à l’arraché, dans l’urgence (Scorsese venait du milieu du documentaire) mais avec une précision technique qui ne laisse rien dans l’ombre. Si contrairement à ce que l’on pourrait penser, le film n’a pas été entièrement tourné dans des décors réels, Mean Streets respire (ou étouffe, c’est selon) New York. Comme chez Cassavetes ou d’autres illustres membres du gang 70’s, Scorsese filme les corps au plus près de leur chair, laisse le temps à de longs face à face, enchaîne les scènes sans rapport entre elles. Son travail est un long développement d’une tranche de vie, pour mesurer à quelle vitesse celle-ci peut être rapidement gâchée, mais aussi comment ces jeunes citoyens des rues n’ont d’autre choix que respecter les règles du Milieu... ou mourir.

Avec ce film qui le propulsa, quelques années avant la Palme de Taxi Driver, au rang de cinéaste "à suivre", Scorsese innove à plusieurs titres. Si la violence (physique s’entend), est assez absente de Mean Streets, elle n’en reste pas moins à la fois rampante et déterminante : une bataille rangée entre prétendus copains peut finir sur une réconciliation autour d’un verre, mais quand la victime d’un assassinat utilise ses dernières forces pour étrangler son agresseur, la rigolade est finie. Scorsese souligne l’inhumanité et l’absurdité de cette violence en l’accompagnant d’une musique hors-sujet, du joyeux rock n’roll à la chanson romantique italienne. Innovation technique encore avec l’usage récurrent du ralenti, décalage surprenant avec la vitesse dans laquelle les héros sont entraînés vers la tragédie : voir pour cela la magnifique scène d’ébriété où Charlie semble glisser sur un tapis, le spectateur le suivant dans son hébétude, puis dans sa chute incontrôlable (Scorsese avait attaché la caméra au corps d’Harvey Keitel pour être au plus près de ses mouvements). Tout est dit : d’un moment à l’autre, tout peut arriver ; et chez Scorsese, nul n’est réellement maître de sa voix intérieure (la voix-off d’Harvey Keitel est en fait celle de Scorsese lui-même), et certainement pas de son destin. (Ophélie Wiel, critikat.com)

Mean Streets

Mise à jour le Jeudi, 01 Octobre 2009 01:13
 
C'était la dernière séance...
Lundi, 15 Juin 2009 00:06

La saison est finie!

BONNES VACANCES A TOUS!!!!

vacances

RDV le mercredi 30 septembre pour la rentrée du CCC !!!!

Mise à jour le Dimanche, 20 Septembre 2009 19:02
 
Cherchez "Le Pigeon", mercredi 3 juin à 20h !
Vendredi, 29 Mai 2009 06:38

Le pigeon est une œuvre charnière du cinéma italien à plus d'un titre. Il préfigure la série des "comédies à l'italienne" des années 60 ("la vielle dame et son argent" de Luigi Comencini et "Affreux, sales et méchants" d'Ettore Scola pour ne citer qu'eux). Certes on rit beaucoup dans ces comédies, mais elles dénoncent une réalité sociale et politique. Le sujet du pigeon n'est autre que des pauvres qui volent d'autres pauvres, des "habituels inconnus" (le titre en italien), sous-entendu ceux qui occupent les pages faits-divers des journaux. Elle montre une Italie qui souffrait à la sortie de la guerre (voir 'Mon frère' à ce sujet), et la volonté d'en sortir (c'est également le sujet du plus dramatique 'voleur de bicyclette', autre chef d'oeuvre...). Les personnages de ce film pourraient sortir des 'nouvelles romaines' qu'écrivait Moravia quelques années auparavant.

Ce film est aussi la révélation de Vittorio Gassman imposé par Monicelli à une production qui n'en voulait pas. On connaît la suite de sa carrière, un géant !. C'est également les quasi-débuts de Claudia Cardinale (la sœur de Ferribotte, amoureuse de Mario). Toute cette jeune génération (Marcello Mastroianni avant ses films felliniens) se retrouvait aux côtés de l'expérimenté  Toto (une sorte de passage de témoin).

Monicelli déclarait que ce film avait été monté comme une parodie d'un film français de l'époque 'Du rififi chez les hommes' de Jules Dassin, qui lui montrait un casse parfait. Avec Age & Scarpelli, qui scénarisaient jusqu'alors des films sans autre prétentions que de faire de l'argent, tout ce petit monde signait là un bijou du cinéma, et plaçait l'Italie aux devants du 7ème art... (Jean-Marc, Le Zata)

Mise à jour le Dimanche, 20 Septembre 2009 19:03
 
Faites votre rentrée sur les chapeaux de roues mercredi 30 septembre à 20h avec "Easy Rider"
Dimanche, 06 Septembre 2009 20:38
On the road again

easyrider

Eternelle reprise. Par une sorte de mouvement de répulsion, Dennis Hopper dresse dans Easy Rider (1969) un portrait au vitriol d'une Amérique agitée.

C'est à travers le périple de deux hippies californiens, Billy (Dennis Hopper) et Wyatt (Peter Fonda), que le malaise de l'Amérique trouve son écho le plus juste. Après un repas partagé avec des fermiers accueillants, symboles de ce que le XIXe siècle aurait dû léguer à l'Amérique actuelle, ces deux hippies motards s'enfoncent, par une progression à rebours d'ouest en est, dans un pays toujours plus inhumain. Billy et Wyatt, deux garçons écrasés par une société-carcan, par une civilisation de la médiocrité, décident de partir pour le carnaval de La Nouvelle-Orléans. Cette conquête de l'Amérique qui se voulait à visage humain, se solde par l'échec, la mort et le triomphe du conformisme.

Easy Rider revisite le mythe de la Conquête de l'Ouest, très cher aux Américains. Le film se présente comme un manifeste de la contre-culture, conduisant à mettre en cause les frontières du normal et du pathologique, du légal et de l'interdit. Ce pays qui avait si longtemps repoussé les frontières, se retrouve confronté à lui-même, dans une sorte de face à face d'où ne peut sortir qu'un vainqueur. Dans la lignée du mouvement intellectuel de 1968, Easy Rider annonce ce courant de dénonciation d'une Amérique des extrêmes, une sorte de "bébé géant qui s'amuse avec des explosifs", pour reprendre l'expression d'Henry Miller. Musique et mysticisme marchent au coude à coude dans ce western moderne, où l'antimatérialisme cohabite avec une croyance des bienfaits de la connaissance de soi : hallucinogènes (la fameuse scène du trip au LSD dans un cimetière), danse, alcool étant censés ouvrir la voie des paradis artificiels, ces havres de paix qui masquent un enfer de la perdition.

90587-004-A5F22AB1

Toutefois, il serait simplificateur de limiter le projet de Dennis Hopper à une révolte anarchisante. Son exigence est, semble-t-il, plus profonde. A son point de départ il y a la constatation d'une rupture. L'Amérique vit dans des idées, à moitié recluse dans l'idéalisme, noyée dans l'illusion du moralisme. L'expérience pionnière de la "frontière", le mythe du parcours sans entraves de l'homme dans un espace vierge et libre se muent en raidissement et perte d'orientation. Easy Rider n'est pas qu'un vagabondage mais une sorte de quête spirituelle qui ne peut aboutir sans frôler la désillusion et la mort.

Ce film pamphlétaire s'attache à examiner de manière quasiment iconoclaste les préjugés culturels qui se dissimulent derrière les systèmes de signes. Les deux anti-héros épris de liberté se heurtent sans cesse à un ordre immuable où tous les individus apparaissent comme assujettis à des codes, des règles. Easy Rider n'est en rien un appel à la transgression; c'est plus largement le procès de l'intolérance et de l'indifférence. Car cette Amérique n'empêche pas de faire; mais elle réprime sévèrement ce qui lui semble déviant. Cette Amérique qui se veut une et indivisible ne supporte pas la contestation.     (Anthony Dufraisse,cinema.fluctuat.net)


Mise à jour le Dimanche, 06 Septembre 2009 21:04
 
Mercredi 10 juin, la dernière séance avec "Tilai"
Mardi, 09 Juin 2009 23:30
Tilai, c'est une histoire d'amour et d'honneur, c'est la trangression de la coutume au nom de la liberté et du bonheur individuel qui est en cause. Le CCC vous propose de découvrir ce film africain réalisé par idrissa Ouedraogo, qui a reçu le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes en 1990. Cette séance vous est proposée en partenariat avec l'association Lumassan-France.
 
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