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Rendez-vous

le 29 septembre

pour la rentrée du CCC !!!

à 20h
salle Juliet Berto

 

 

Rendez visite à "Mon oncle", mercredi 27 mai, à 20h
Vendredi, 22 Mai 2009 03:07

Thumbnail imagePourquoi aller revoir My Uncle ? Parce que dans notre monde d’images mal élevées, ce film détonne par sa pudeur élégante. Tati garde toujours une distance respectueuse par rapport aux choses. Il se contente, comme les enfants sages, d’effleurer le monde du bout des yeux. Et par la fréquence de ces plans d’ensemble, par l’habileté d’un montage lent qui va à l’encontre du cinéma comique, Tati offre sa propre vision du cinéma. Le spectateur auquel il s’adresse est celui du cirque, celui du music-hall. Pas un spectateur qui se tortille sur son siège, béat devant du tout-cuit ; mais un spectateur critique dont l’œil farfouille dans la jungle de l’image. Il faut être attentif devant un film de Tati, un peu à l’image de cet œil coupé en deux par un rasoir dans Un chien andalou. Il faut revenir à ce credo : les choses sont bonnes à voir. Souvent, on aura beau scruter l’image, attendre le gag, eh bien on sera bernique. L’ascension de M. Hulot dans sa maison en est un bon exemple. Il grimpe dans cette maison tarabiscotée pendant une séquence entière. Rien n’arrive, pas la moindre sinuosité, mais les choses sont seulement bonnes à voir. Même les yeux de la maison des Arpel : ils nous regardent et nous les regardons. Le monde nous apparaît de loin. On peut presque l’affilier à M. Hulot. Affable, réservé et distant.

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Par ailleurs, la structure dramatique de Mon oncle explicite cet exercice du regard. Malgré la simplicité du scénario, le récit s’ingénie à recouvrir la trame et à en briser la ligne par de multiples notes descriptives qui en troublent le mécanisme. Plutôt que l’habituel enchaînement des causes et des effets propres aux comédies, Tati choisit d’y substituer une mécanique distendue. Il insère entre les nœuds dramatiques de longues périodes d’observation grâce auxquelles l’effet comique gagne en force. On doit se rappeler les plans précédents, jouer au jeu des différences pour saisir la force du grain comique. D’ailleurs, l’examen du système des fondus confirme l’estompage du schéma dramatique [2]. L’organisation des fondus crée une respiration totalement indépendante de la tension événementielle : d’un côté un fondu clôt chaque journée ; de l’autre chaque journée comporte aussi, à la fin de son avant-dernière séquence, un fondu au noir permettant de passer doucettement du jour à la nuit. Ce système temporel et esthétique s’incruste très précisément dans l’esprit du film : Tati ne raconte pas une histoire en scandant les péripéties, ce serait du pré-mâché. Non, il s’agit d’inviter le spectateur à observer, et à se faire son petit avis. C’est pourquoi le schéma narratif est violenté. Un peu comme si, à l’image des tuyaux plastac, il était une forme absurde qu’on devait dissimuler. Revoir Mon oncle, c’est s’appliquer à ouvrir un livre d’images et à en débusquer toutes les subtilités, en tirant un peu la langue dans l’effort. (Chloé Larouchi, critikat.com)

Mise à jour le Dimanche, 20 Septembre 2009 19:04
 
Mercredi 20 mai, à 20h, venez rire avec Ninotchka !
Jeudi, 14 Mai 2009 04:23

Nous sommes en 1939. Ernst Lubitsch, cinéaste berlinois émigré à Hollywood et adulé, réalise Ninotchka. Ernst ose et frappe fort. Car, derrière cette histoire d’amour entre un aristocrate séducteur et une « femelle bolchevique » en mission à Paris, Ninotchka relève de la pure satire politique. Avec Billy Wilder au scénario, Greta Garbo, Melvyn Douglas en tête d’affiche et Bela Lugosi en commissaire russe, Lubitsch nous offre un petit bijou qui brille encore et toujours de son insolente beauté. Comment définir l’art indéfinissable de Lubitsch ? C’est le charme et la satire mêlés, l’union mystérieuse de la gravité et de la légèreté et le rire à gorge déployée derrière une porte fermée. Le cinéaste nous sert un délicieux cocktail à base d’impertinence, d’humour et de romance. On se ressert une nouvelle fois pour mieux s’étourdir de rire. Brillantissime.[...]

En 1940, lors de la cérémonie des Oscars, Scarlett O’Hara vole la vedette à Ninotchka. Le film de Lubitsch, nominé quatre fois, se fait battre par Victor Fleming et son très hollywoodien Autant en emporte le vent. En cette époque de guerre mondiale, il faut croire que les statuettes dorées préfèrent les crises de larmes aux éclats de rires. Pourtant, le Berlinois fait des étincelles à Hollywood car Greta Garbo rit. Depuis 1932, la lubie de Lubitsch est en effet de diriger Greta Garbo dans l’une de ses sophisticated comedies. Après Marlene Dietrich dans Ange, c’est au tour de l’actrice suédoise de se laisser entraîner dans l’univers du cinéaste inspiré. Avec Ninotchka, Lubitsch réussit un double tour de force : il brise l’image glacée de la star réduite à des airs de tragédienne et tourne en dérision l’idéologie en matière de politique et le stalinisme, notamment à travers les allusions non déguisées aux procès de Moscou et à l’échec du Plan Quinquennal. « Il était le seul grand metteur en scène à Hollywood. Ninotchka a été le seul film pour lequel j’ai été dirigée par un grand metteur en scène » dira, à son sujet, Greta Garbo. (Marie Bigorie, critikat.com)

Mise à jour le Dimanche, 20 Septembre 2009 19:05
 
Une séance surprise pour le mercredi 13 mai !
Mercredi, 06 Mai 2009 22:18

Les aléas de la programmation et du partage de la salle Juliet Berto font que le C.C.C. devait faire "relâche" le mercredi 13 mai. Or, il s'avère que le ciné-club peut en fin de compte projeter un film ce soir là ! Ainsi, nous vous donnons rendez-vous mercredi prochain pour assister à une séance surprise avec un petit indice : cela sera sûrement un film d'aventures, avec un héros, de l'action, de l'humour et le tout en couleurs !

Mise à jour le Jeudi, 14 Mai 2009 04:03
 
Embarquez sur "L'Aigle des mers"; le mercredi 29 avril, à 20h
Jeudi, 23 Avril 2009 19:34

L’Aigle des Mers marque la cinquième et fructueuse collaboration entre le vieux briscard Michael Curtiz et le jeune loup Errol Flynn après Capitaine Blood, La Charge de la brigade légère, Les Aventures de Robin de Bois et La Vie privée d’Elizabeth d’Angleterre. C’est dire s’il est pertinent d’y voir des similitudes avec leurs œuvres antérieures, et notamment leur chef-d’œuvre, Les Aventures de Robin des Bois, réalisé deux ans auparavant. Des visages familiers apparaissent dès les premières scènes : celui de Claude Rains, Prince Jean fourbe et ambitieux, devenant ici le fourbe et ambitieux Don de Alvares, celui d’Una O’Connor, fidèle suivante de Lady Marianne et ici... fidèle suivante de Dona de Alvares, ou celui d’Alan Hale, partenaire hors-la-loi de Robin des Bois puis... partenaire de piraterie du séduisant capitaine Thorpe (Errol Flynn). De nouveaux visages remplacent ceux qui manquent à l’appel : après Basil Rathbone, c’est à Henry Daniell (ersatz de Goebbels dans Le Dictateur) que revient l’honneur de se battre en duel avec le héros. La douce Olivia de Havilland, partenaire attitrée d’Errol Flynn, a déclaré forfait et l’héroïne prend alors les traits trop naïfs et ternes d’une débutante, Brenda Marshall.

La construction du récit correspond aux règles implicites du film d’aventures : le statut des personnages est immédiatement reconnaissable. Les « mauvais » sont habillés de noir et trop polis pour être honnêtes, complotent en secret contre la Couronne d’Angleterre (ou autre), se battent comme des chiffoniers et finissent toujours perdants. Les « bons » sont courageux et drôles, sympathiques et idéalistes, rusés et fidèles, ou même timides en amour (voir pour cela la scène où le séducteur Errol Flynn bafouille devant sa bien-aimée ou arpente le pont de son bateau, en proie aux plus grands doutes : l’aime-t-elle ?). La mise en scène répond elle aussi à ces codes : gros plans dans les scènes intimistes, souvent en clair-obscur, longs travellings sur l’héroïne en pleurs, grands plans d’ensemble pour montrer la magnificence froide et imposante de la Cour, dont tous les mouvements sont chorégraphiés...

 Mais c’est évidemment dans les scènes d’action que le talent de Michael Curtiz fait des merveilles. Son maître mot : pas de précipitation. La scène de bataille navale du début du film est ainsi précédée d’une longue introduction où toutes les données du combat à venir sont mises en place. Du côté de l’ennemi espagnol, une séparation nette entre la sérénité des acteurs sur le pont, et l’horreur glaçante de la cale, où les galériens anglais, fouettés à mort, n’ont plus d’espoir ; du côté anglais, un lieu unique - le pont - où se rassemblent les pirates, en toute fraternité et joyeuse désorganisation. Le mouvement des bateaux se dirigeant l’un vers l’autre, puis l’abordage sont délicatement filmés, de façon à ce que le spectateur puisse constater le résultat de chaque action. Même dans les duels, filmés dans une succession très rapide de plans américains, le spectaculaire reste toujours à la mesure de ce qui est « visible ». D’une certaine façon, on pourrait qualifier cet esprit d’ « héroïsme à visage humain ». Si la fougue d’Errol Flynn et son aisance à la fois dans la romance et dans l’action est pour beaucoup dans la réussite du film, c’est donc bien parce que Michael Curtiz sait lui donner de la valeur. Le pirate anglais Thorpe acquiert une véritable identité, non seulement dans la force de son idéal patriotique, mais aussi dans ses faiblesses, qui mettent en danger sa vie.

Si l’action se passe en 1585, au temps de l’Invincible Armada et de la guerre imminente entre l’Angleterre d’Elizabeth Ière et l’Espagne de Philippe II, les sous-entendus politiques contemporains (signés Howard Koch, qui fut aussi l’un des scénaristes de Casablanca en 1942) sont clairs. D’ailleurs, à la différence des Aventures de Robin des Bois, L’Aigle des Mers ne s’achève pas sur le baiser final du héros et de l’héroïne, mais sur le discours d’Elizabeth Ière, engageant son pays dans la guerre. En 1940, on peut facilement voir une image d’Hitler dans Philippe II, le souverain espagnol assoiffé de domination et de pouvoir. Les Aigles des Mers, pirates anglais qui combattent illégalement pour le compte de leur souveraine, sont les premiers résistants à l’oppression nazie. Quant à Elizabeth Ière, prête à croire jusqu’au bout à l’amitié et à la sincérité de Philippe II, elle représente les nations aveugles au danger qui rôde. Ce n’est pas un hasard si la Warner produisit ce film : les frères Warner étaient à la pointe des défenseurs de l’engagement américain dans la seconde guerre mondiale. L’Aigle des mers est ainsi représentatif d’une époque où le film d’aventures n’était pas seulement considéré comme un divertissement de bas étage, destiné à remplir les poches des producteurs, mais aussi une oeuvre digne de conscience politique.

On conseillera donc aux adeptes de Johnny Depp d’aller faire un tour du côté de chez Sir Errol Flynn. Ils ne seront pas déçus. [Ophélie Wiel - critikat.com]

Mise à jour le Jeudi, 30 Avril 2009 02:11
 
annulation de la séance du 13/05/09
Mercredi, 13 Mai 2009 01:27

Bonjour à tous.


Nous sommes désolés, mais en raison d'un problème de matériel ( en effet le projecteur est en panne), nous ne pourrons pas assurer la séance de ce soir, le mercredi 13 mai 2009.

Nous nous excusons de ce désagrément et nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine pour voir Ninotchka, de Ernst Lubitsch ( avec un autre projecteur!!).

Cordialement,

L'équipe du CCC.

Mise à jour le Jeudi, 14 Mai 2009 04:04
 
Mercredi 6 mai, tous pour "Les Trois mousquetaires"
Jeudi, 30 Avril 2009 00:49

Les Trois mousquetaires est le premier film du sublime quatuor qui va permettre à la Metro-Goldwyn-Mayer de donner au genre quatre de ses oeuvres majeures, les trois autres étant Scaramouche du même George Sidney, Le Prisonnier de Zenda de Richard Thorpe et Moonfleet de Fritz Lang.

Il s'agit ici d'une réussite exceptionnelle dans laquelle l'ironie, l'intelligence et le goût se mêlent au panache cher à Alexandre Dumas. [...] La présence de Gene Kelly, plus connu pour ses comédies musicales que pour ses films dramatiques, a infléchi l'intrigue dans un sens plus ironique et plus acrobatique. Il ne s'agit pourtant pas - heureusement - d'une adaptation parodique, même si l'humour côtoie volontiers l'aventure.

[...] Superbe film d'aventures mouvementé à souhait, Les Trois mousquetaires est aussi une réflexion sur le pouvoir et l'ambition [...]  passant de scènes de comédie à de fulgurantes séquences d'action revues par Jean Heremans et montées par le spécialiste Peter Ballbusch, George Sidney signe ici la plus belle et la plus originale version de Dumas, laissant loin derrière celles -plus ou moins réussies - de Douglas Fairbanks mise en scène par Fred Niblo (1921), de Rowland V. Lee et d'Allan Dwan (1939), sans parler des futures que réaliseront Richard Lester et Stephen Herek. Les versions réalisées en France, notamment celle de Henri Diamant-Berger et les deux d'André Hunebelle, prouveront - comme d'habitude - que Dumas a toujours été mieux adapté à Hollywood qu'en Europe... (Le Cinéma d'aventures, Patrick Brion).

Mise à jour le Jeudi, 30 Avril 2009 02:12
 
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