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Boulevard du crépuscule, mercredi 11 mars à 20h
Samedi, 07 Mars 2009 03:23

Considéré dès l’écriture comme traitant d’un sujet brûlant, le script de Sunset Boulevard [titre original de Boulevard du crépuscule] fut distribué aux différents intervenants avec une mention spécifiant bien la nécessité de tenir secret le contenu du scénario. Billy  Wilder avait raison, Sunset Boulevard sera très mal reçu par la profession. Il faut dire que Wilder dresse un portrait terrible de l’industrie cinématographique. Hollywood fabrique des vedettes, il fait d’individus des monstres aux égos boursouflés, les exploite et les oublie. Joe Gillis (incarnation de cet Hollywood sans morale) traitera Norma [Desmond] avec mépris jusqu’à ce qu’il saisisse comment tirer profit de la situation dans laquelle le hasard l’a plongé.

Film sur la célébrité et ses dérives, violent pamphlet contre la puissante machine hollywoodienne, Sunset Blvd est également un regard plein de tendresse sur le cinéma et sa magie. Le retour de Norma aux studios Paramount pour y rencontrer Cecil B. De Mille (sur le tournage réel de Samson et Dalilah) permet d’ailleurs au cinéaste une des plus belles séquences du film : Norma y sera reconnue par les siens, ceux qui font le cinéma, les techniciens et figurants des studios, ces petites mains sur lesquelles Wilder porte un regard plein d’une bienveillante affection.

     

Cette subtile alchimie de tons (version emphatique de ce que seront plus tard des films plus nuancés comme La garçonnière où, là non plus, le rire n’est jamais très loin des larmes) se retrouve dans le jeu grandiloquent de Gloria Swanson. On est ébloui par son incroyable présence à l’écran. Ses éclats de colère, sa détermination sans faille et sa fragilité font de sa prestation une des plus belles performances d’acteur de l’histoire du cinéma. Cette star imaginaire à la personnalité baroque est aujourd’hui une véritable icône et représente à jamais à nos yeux de cinéphile l’image même de la "Diva". Gloria Swanson fut véritablement une des idoles du muet. Contrairement à Norma Desmond elle survécut au passage à l’ère du parlant, tournant même dans une comédie musicale, mais disparut tout de même des écrans quelques années plus tard. Sunset Blvd marqua en 1950 son retour au cinéma dans un premier rôle pour une performance absolument inoubliable.

S’il faut saluer la performance de Gloria Swanson, il faut également louer l’intégralité d’un casting particulièrement bien choisi. Erich Von Stroheim hésita longuement avant d’accepter le rôle de Max qui offrait, tout de même, de tragiques résonances à ce qu’avaient été son parcours et sa vie. Lui qui fut l’un des plus brillants réalisateurs des années 20 et offrit au cinéma quelques uns de ses plus grands chef d’œuvres (il dirigea d’ailleurs Gloria Swanson dans Queen Kelly en 1929) fut rejeté par Hollywood à force de dépassement de planning et de budget (Foolish wifes coûtât plus d’un million de dollars, ce qui, en 1922, était absolument faramineux). En 1950 il n’était plus qu’un second rôle au visage connu, un faire valoir de luxe. Wilder lui rendra l’un des plus émouvants hommages d’un réalisateur à l’un de ses pairs en le replaçant à nouveau, le temps de la dernière séquence du film, derrière une caméra. Von Stroheim, revenu exprès d’Europe aux Etats-Unis pour y tourner le film, retournera définitivement finir ses jours en France après le tournage.

 On le voit, le film tisse habilement des parallèles entre pure fiction et matériau historique, et si cette spécificité du film lui confère un aspect particulièrement jouissif (comme une sorte de connivence entre le film et le spectateur "initié") l’essentiel de sa beauté n’est pas là. Nul besoin en effet de connaître la biographie de Von Stroheim ou celle de Gloria Swanson pour éprouver du plaisir à la vision de ce chef-d’œuvre. Le scénario d’une richesse infinie ménage de formidables rebondissements, les dialogues étincelants fourmillent de répliques cultes et cet incroyable mélange de tonalités entre rires, larmes et compassion fait du script de Sunset Boulevard un bijou à l’éclat inégalé. Ce mélange des genres (film sur la folie ? film sur le cinema ? film noir ?), cette atmosphère mortifère teintée de fantastique, l'inventivité de la mise en scène, la qualité globale d’une production en tous points irréprochable et la sublime prestation de Gloria Swanson font définitivement de Sunset boulevard un chef-d’œuvre absolu…(Harry Dawes, dvdclassik)

 

Mise à jour le Dimanche, 15 Mars 2009 21:02
 
Le silence était d'or...
Mercredi, 04 Mars 2009 21:19

Mercredi 04 mars, lors de la projection du film de René Clair, Le Silence est d'or, des ennuis techniques ont empêché de découvrir et d'apprécier ce chef-d'oeuvre à sa juste valeur. Nous en sommes navrés et nous nous en excusons. Bien entendu, nous prenons contact avec la Cinémathèque de Grenoble (qui assure les projections de nos séances) afin de comprendre pourquoi le son du film était inaudible et surtout pour que cela ne se reproduise pas.

Nous remercions les spectateurs pour leur patience et leur tolérance et nous demandons à tous ceux qui étaient présents ce soir là de bien vouloir se faire connaître en nous contactant par mail à l'adresse suivante: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

Mise à jour le Mercredi, 04 Mars 2009 21:26
 
Princesse - inédit à Grenoble - Mercredi 4 février
Mardi, 03 Février 2009 10:40
Portrait d'une enfance déchue - L’impressionnant générique déballe son univers racoleur de bouches entrouvertes et papier glacé – la princesse dont il est question ne sort pas franchement d’un conte de fées. Présenté à Cannes lors de la dernière Quinzaine des réalisateurs, Princesse est le premier film du Danois Anders Morgenthaler. Un revenge movie dans le monde du porno, qui est avant tout, pour le cinéaste, un moyen de peindre de façon déchirante l’audacieux portrait d’une fillette orpheline et de son enfance cassée, innocence saccagée sur laquelle l’animation, aux influences à la fois européennes et japonaises, vient déposer son voile pudique où une peluche vivante peut servir de réconfort. Morgenthaler mêle ainsi à son œuvre quelques séquences live comme autant de souvenirs crus qui jamais ne donnent dans le choc discount, regard noir sur la pornographisation et l’exploitation humaine engendrée, sans que celui-ci ne vire au prêchi-prêcha: la tragédie de Princesse est celle de personnages qui se noient dans un cercle infernal de surenchère - de sexe ou de violence. Le coup de poing, désespéré, radical et irrévérencieux, à la puissance graphique brute, ne possède finalement qu’un défaut: celui d’être trop court. (Nicolas Bardot, filmdeculte)
Mise à jour le Samedi, 07 Mars 2009 03:30
 
Hair High -mercredi 28 janvier
Vendredi, 23 Janvier 2009 11:31

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, chaque dessin animé de Bill Plympton est un régal d’inventivité rigolote et de drôlerie trash. Pour public adulte, donc, oui, mais public avide de délires surréalistes, surtout. Dans sa filmographie, son dernier Hair high serait plus à ranger du côté de The tune que de L’impitoyable lune de miel. En apparence (et en apparence seulement), le film fait mine de recycler les conventions du cartoonist et arrive sans peine à séduire parce qu’on y retrouve tout ce qu’on aime. En réalité, il tord le cou aux clichés d’un genre très précis : le teenage movie avec son cortège de mauvais garçon, de souffre-douleur, de flirts primesautiers et de bals de fin d’année. En châtiant comme personne les règles de la bienséance, Bill, non content d’appuyer là où le puritanisme ricain fait mal, mue une bluette sentimentale en un concentré cynique roboratif.

Son dernier opus, sorte de Carrie version Haispray trash, cul et gore, provoque une euphorie durable et devrait amuser les néophytes auxquels on conseille volontiers de découvrir les précédentes œuvres du monsieur. En l’état, malgré un épilogue inutilement étiré, Plympton (plus féroce et déjanté que jamais) signe par ailleurs une œuvre personnelle dans laquelle il passe en revue toutes ses références ciné (De Palma, Svankmajer, Waters, nommément cités).(avoir-alire.com, Romain Le Vern).

 
Mercredi 25 février, "chantons sous la pluie" !
Mercredi, 18 Février 2009 09:10

Chantons sous la pluie retrace de façon simplifiée et plutôt nostalgique l'une des plus grandes étapes de l'histoire du cinéma, le passage du muet au sonore et parlant. Se basant sur l’influence qu’a eu cette mutation sur la naissance des films musicaux, le producteur Arthur Freed, auteur de la plupart des chansons pour le cinéma des années 30, trouva l’idée de situer l’action de sa nouvelle comédie musicale à cette période parfaitement à propos. S’appuyant sur des anecdotes d’époque (caméras trop bruyantes, voix d’acteurs insupportables, problème d’accommodation aux micros, etc.), mélangeant ironie et humour, le film retentit comme un hommage aux débuts du genre. La bande originale est exclusivement constituée de grands succès musicaux, "Singin’ in the rain" en tête, et l’esthétique est directement inspirée de celle utilisée par les réalisateurs des années 30 et en particulier Busby Berkeley. La séquence chatoyante et florissante de "Beautiful girl", représentant le triomphe du film musical et de ses vedettes venues des scènes de music-hall, en est le parfait exemple. Gene Kelly, tout juste sorti du triomphe de Un Américain à Paris de Vincente Minelli, et Stanley Donen, grand collaborateur de Kelly réputé pour ses idées de mise en scène intelligentes, étaient déjà sur le projet sous la houlette de Freed. Pour compléter l’équipe, ils choisirent à leurs côtés des acteurs de première ligne, issus du milieu du music-hall et de la scène.[...]

     

Cette deuxième collaboration entre Stanley Donen et Gene Kelly marque l’apogée du duo. Leur mise en scène est exemplaire, intégrant à merveille les chorégraphies dans le déroulement de l'histoire. Que ce soit par le biais d’une représentation de music-hall, par l'évocation d'un souvenir, d’un exemple, sous couvert d’une déclaration d'amour, d’un délire collectif ou d’une euphorie passagère, il y a toujours un prétexte valable pour intégrer la danse au reste du récit. Il en ressort des scènes sublimes qui sont restées gravées dans les annales du genre. Après un bref flash-back clownesque sur la reprise de Fit as a fiddle, le film ouvre le bal sur une première version très enlevée de All I do is Dream of You, représentée lors de la soirée de la première par des starlettes dansant le charleston en juste-au-corps roses du plus bel effet. Cette première séquence de danse est presque immédiatement suivie par le parfait Make 'Em Laugh, interprété par un Donald O'Connor très à son aise dans cette chorégraphie frénétique. Pour remonter le moral à son ami Don, dépité d’avoir rencontré une fille qui lui résiste, Cosmo danse sur le piano, les murs, grimace, fait mine de se prendre les pieds dans le tapis et improvise un duo avec un mannequin de chiffon. Chorégraphié par Stanley Donen, qui ne sera jamais crédité à ce poste pour le film, le solo de O’Connor rappelle à plus d’un titre celui de Fred Astaire dans Mariage Royal, réalisé par le même Stanley Donen l’année précédente. (Julie Anterrieu - Filmdeculte)

Mise à jour le Samedi, 07 Mars 2009 03:30
 
Le Festival des Maudits Films
Jeudi, 29 Janvier 2009 13:35

Vous l'avez rêvé ? Le C.C.C. l'a fait ! Voici deux jours consacrés au cinéma Bis, de B à Z... et cela commence dès vendredi, avec Le Cauchemar de Dracula, chef-d'oeuvre produit par la Hammer, réalisé par Terence Fisher, avec Christopher Lee et Peter Cushing. Suivront Le Bossu de la morgue de Javier Aguirre et le cultissime The Thing from Another World (La Chose d'un autre monde) d'Howard Hawks. Cerise sur le gâteau, ces films vous seront présentés par le journaliste François Kahn, auteur de l'Encyclopédie du Cinéma Ringard, les films de bazar et d'essai qui vous prouvera que la ringardise est loin d'être de mise !

Samedi 31 janvier, à partir de 14h, venez découvrir les "Courts Maudits", et si vous en voulez encore, à partir de 18h, assistez à la séance "Tout Court, Tout Bis" !

Pour plus de renseignements, visitez le site du festival !

 
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