Cinéphile et esprit joueur ? Alors, cliquez ici ! |
| mercredi 21 octobre, dansez au bal du diable avec "Carrie" |
|
|
|
| Jeudi, 15 Octobre 2009 02:04 | |||
|
Inscrite dans une réalité que chacun peut comparer de près ou de loin avec son propre vécu, l’histoire contée tire déjà une grande puissance de l’identification du spectateur. Carrie White est le parangon de la solitude adolescente, de ses craintes, de ses souffrances et de ses déceptions… ainsi que du vœu tout-puissant de destruction auquel elle se sent parfois poussée. Bien entendu, le film n’est pas destiné à ceux et celles qui ne pourraient se reconnaître que dans les personnages incarnés par Nancy Allen, John Travolta et leur clique d’andouilles, sauf à espérer une improbable prise de conscience…
Avec son art de la mise en scène ambiguë, cruelle et ironique, Brian de Palma a trouvé dans cette chronique de l’âge ingrat un terrain de jeu idéal, et y a apporté ses propres obsessions. La séquence d’ouverture est une nouvelle variation de la scène de douche hitchcockienne [...]. La musique de Pino Donaggio, quant à elle, reprend les stridences de cordes de Bernard Hermann dans Psychose aux moments où Carrie exerce sa télékinésie. Plusieurs fois isolée dans un coin de plan lorsqu’elle se trouve hors de chez elle (un extérieur coloré, ensoleillé ou illuminé, doté de larges espaces où sa solitude ressort d’autant plus, et qui s’oppose à la maison des White, sombre et étriquée, avec le petit cagibi où se trouve une statuette de Saint Sébastien… qui fut martyrisé pour avoir choisi la religion plutôt les fastes de son empereur), Carrie a trouvé en Sissy Spacek une interprète idéale. Son physique tout particulier se prêtait à merveille au caractère tragique et instable de la jeune fille, qui se modifie selon l’attention qu’on lui porte, la situation dans laquelle elle se trouve et la perception qu’elle a d’elle-même. Suis-je une pauvre petite fille qui va mourir (position fœtale dans la douche) ou un jeune femme qui s’épanouit (le bal scintillant et diapré) ? Suis-je un laideron ou une jolie fille (lorsque Miss Collins l’amène devant un miroir, et quand elle essaie les maquillages) ? Suis-je comme les autres ou suis-je un monstre ? Dieu (qui purifie par l’eau et le feu) ou le Diable (comme dit maman) ? Sissy Spacek incarne avec justesse et conviction ces interrogations banales à l’origine, mais dont la tournure fantastique et terrifiante restitue dramatiquement l’intensité émotionnelle.
[...] Entre alliés peu convaincus (Sue, Tommy Ross et Miss Collins qui ne l’aident que par culpabilité) et ennemis bien décidés, Carrie obtiendra pour toute réponse une fausse ascension de son estime et une véritable ascension dans la violence, qui confirmera toutes ses craintes. La tragédie est annoncée tout au long du film, chaque moment de bonheur et d’espoir étant contrebalancé par une déconvenue qui monte par crescendo dans la violence psychologique.
Carrie [...] est un film d’horreur psychologique cruel et esthétiquement superbe, l’une des perles incontournables de l’oeuvre de Brian de Palma. (Stéphane JOLIVET - www.horreur.com)
|
|||
| Mise à jour le Jeudi, 15 Octobre 2009 08:22 |






![]() | Aujourd'hui | 30 |
![]() | Hier | 183 |
![]() | Cette semaine | 466 |
![]() | Ce mois | 1136 |
![]() | Total | 37371 |
This page uses the IP-to-Country Database provided by WebHosting.Info (http://www.webhosting.info), available from http://ip-to-country.webhosting.info