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le 29 septembre

pour la rentrée du CCC !!!

à 20h
salle Juliet Berto

 

 

mercredi 18 novembre, devenez fauconnier avec "Kes" PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 12 Novembre 2009 01:39
kesAdaptant l’ouvrage de Barry Hines avec son concours, Ken Loach s’affirme comme un cinéaste avec lequel il faut compter lorsque Kes sort sur les écrans en 1970. Récompensé par deux BAFTA et nommé au titre de meilleur réalisateur pour ce film, Nous vous offrons ainsi l’occasion de (re)découvrir l’une des œuvres fondatrices du maître anglais et son émouvant personnage principal, Billy le fauconnier.
Entre chronique sociale et film d’apprentissage

Tourné après Poor Cow et avant Family Life, Kes nous raconte le quotidien de Billy Casper, jeune garçon de Barnsley, triste ville minière perdue dans le nord-est de l’Angleterre. Passionné par les faucons, ce dernier en digne rejeton de la working-class est un garnement notoire. Maladroit et insignifiant pour ceux qui l’entourent, il livre les journaux le matin pour quelques shellings et chasse à ses heures perdues les nids d’oiseaux avec ses amis. Enclin aux moindres facéties dans son austère école et comme étranger à ce qui s’y passe, le jeune homme a pourtant un rêve, devenir fauconnier. Or, par la grâce d’une escapade matinale, son rêve va se réaliser…

Proche par ses thèmes et son traitement de films comme Le petit fugitif, Les 400 coups ou This is England, Ken Loach aborde avec Kes l’enfance et ses péripéties avec une extrême acuité. En effet, abordé avec une formidable compassion, Billy évolue au gré du rapport complice qui se construit avec Kes, son faucon. Entre Oliver Twist et Tom Sawyer, ce garnement atypique devient alors pour le cinéaste, le héros d’un quotidien laborieux pour lequel l’avenir – incertain - ne peut être dissocié de son amour pour les animaux. Or, l’univers quil’entoure est hostile et il ne laisse que peu de place à sa passion et à des envies excentriques pour son milieu. […]

kes

Humaniste et émouvant malgré des tendances mélodramatiques, Kes profite donc de la richesse et des finesses de son scénario pour emporter pleinement son spectateur. Mais ce qui fait de ce film l’une des réussites fictionnelles de son auteur est affaire de mise en scène. Doté d’une narration très maîtrisée que rythment par instants une musique édifiante et une succession de séquences tantôt bucoliques, tantôt froidement cruelles et réalistes, Kes met parfaitement en lumière le rôle que prend le faucon de Billy dans sa vie peu trépidante. Moyen de son émancipation et de sa considération, l’oiseau révèle sa personnalité et s’avère la clef de son épanouissement. Ainsi, Kes révèle déjà chez Ken Loach, le metteur en scène qu’il va devenir. Et cela tient notamment au fait que ce métrage dépasse les limites de sa seule histoire en portraiturant l’Angleterre appesantie d’alors. En dépit de sa facture classique, Kes saisit en effet avec un regard presque clinique ce qui fait l’époque et plus encore son esprit, celui d’une société surannée et compassée vivant le crépuscule des sixties et l’avènement de la culture pop.

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La manière Loach

Ainsi, surgit au jour ce qui fera la force du cinéma de Loach durant les trente années qui suivront et cela jusqu’à Looking for Eric. Tout d’abord, la prédilection de ce dernier à documenter certains milieux ressort d’emblée de ce second film. Le cercle familial, cellule fondamentale, est scrutée sous l’angle des relations, des conflits et des habitudes de chacun, à la manière de certains de ses films ultérieurs, de Family Life à Le Vent se lève. De même, le milieu scolaire vu comme autoritaire, rigide et oppressant, est examiné sans apprêts mais non sans humour, notamment lors des scènes de football et de vestiaire. Il en va d’ailleurs de même avec le monde professionnel, exploré avec un recul qui croque plus qu’il ne dénonce.

Dès lors, le tableau aussi sociologique que naturaliste qui est brossé sous nos yeux cherche autant à décrire qu’à raconter pour mieux discuter et cerner l’histoire et l’aventure individuelle dans une perspective plus collective. Ainsi, reconnaît-on la patte du documentariste engagé que deviendra Ken Loach mais aussi sa manière de s’attacher d’abord à l’individu et à ses interactions sociales, dans le cercle des institutions qu’il fréquente. En effet, conteur invétéré, le cinéaste choisit le primat de l’individu comme mesure du cadre et emploie le destin qu’il raconte pour mieux révéler ce qui l’entoure. Par exemple, via un montage alterné marquant tout à la fois l’opposition et les points communs entre la mère de Billy et son frère lors d’une même soirée, le cinéaste interroge le présent de ses personnages, leurs liens et sonde en usant de dialogues impromptus, l’avenir qu’on leur propose entre engagement et évolution sentimentale et personnelle. Or, en faisant cela dès son second film, ce dernier pose déjà les fondements de ce qui fera le sel de ses films à venir, à savoir le passage en contrebande d’un discours politique et social vif et sans cynisme.

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Par conséquent, Kes, matrice du style loachien des décennies futures, s’impose comme un excellent film et plus encore comme un incontournable dans la filmographie de l’auteur de Land and freedom. Par ce qu’il pose comme thèmes, par l’abord qu’il leur réserve mais surtout par l’humanité avec laquelle il aborde le sort des plus humbles. (www.excessif.com)

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Mise à jour le Jeudi, 12 Novembre 2009 01:52
 

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