Coup de tête

Coup de tête

Coup de tête

Réalisé par Jean-Jacques Annaud en 1979

Synopsis

François Perrin, fort caractère, est un ailier droit dans l'équipe de football amateur de la petite ville de Trincamp. Le président du club est également le patron de l'usine où il travaille. Après un coup de gueule, il est renvoyé du terrain et perd son emploi à l'usine.
Et pour corser le tout, il est accusé d'un viol qu'il n'a pas commis. 

Mais l'équipe doit jouer en coupe de France, c’est l’honneur et la reconnaissance de la ville qui est en jeu. 

Trincamp et tous ses habitants ne peuvent absolument pas se passer de Perrin pour avoir des chances de victoire.

Quelques raisons pour voir/revoir ce film :

Un scénario et un dialoguiste confirmé

Alain Poiré, directeur et producteur de la Gaumont, choisit Francis Veber pour ce film. Je pense qu’il n’est pas besoin de présenter l’auteur des François Pignon, joués principalement par Pierre Richard, ainsi que  « Du grand blond... », mais il sort d’un projet qui n’a pas marché « Le jouet ».

Les deux hommes se ressemblent et se complètent :

-  Annaud invite Veber à déjeuner dans des bistrots sordides des villes de province où ils se rendent, en quête de décors naturels adéquats ; ils évoquent leur même admiration pour la comédie à l'italienne, pour le sens du tragique dérisoire de Dino Risi ou d'Alberto Sordi. C'est cet esprit qu'ils insufflent, ensemble, au film.

  - Francis Veber écrit le scénario de « Coup de tête » d’après la vision du réalisateur. C’est un perfectionniste tout comme Jean-Jacques Annaud. Son premier scénario est refusé et réécrit à trois reprises. 

Francis Veber a développé les situations comiques et il a réécrit la deuxième partie du film : l’illustration du proverbe “La vengeance est un plat qui se mange froid” : la revanche de François Perrin. Pour le scénariste, il n’y a pas de vengeance, juste des menaces à l'encontre de ceux qui l’ont mené à être un paria dans cette petite ville.

Francis Veber dit que “ce fut l’un de ses scénarios le plus difficiles à écrire, mais qu’il en est le plus fier”

Un compositeur de musique de film : Pierre Bachelet

Au début de sa carrière, Pierre Bachelet n'est encore qu'un illustrateur sonore dans le monde de la publicité. Durant les années 70, Pierre Bachelet est connu et reconnu pour les bandes originales du premier « Emmanuelle », ainsi que, dans un autre genre, « Les bronzés font du ski ».

Par l’intermédiaire de la publicité, il collabore avec Jean-Jacques Annaud sur ses deux premiers films. 

Pour contrebalancer cette satire sociale de « Coup de tête », il trouve une mélodie ironique et populaire dont il aura l'idée de faire siffler le thème principal.

Un casting de seconds rôles de premier choix

Produit par La Gaumont, Jean-Jacques Annaud a choisi ses seconds rôles parmi les acteurs en contrat chez ce distributeur, parmi eux :

Jean Bouise, Michel Aumont, Bernard-Pierre Donnadieu, Hubert Deschamps, Gérard Hernandez, Claude Legros, ….


Alain Poiré est en désaccord avec Jean-Jacques Annaud sur le fait que Patrick Dewaere soit dans la distribution, il est hors de question qu’il soit l'acteur principal. Mais nous y reviendrons plus tard.

Un jeune réalisateur dans les montagnes russes

En premier lieu, Jean Jacques Annaud réalise de nombreux spots de publicité aussi bien pour la télévision, le cinéma mais surtout pour de grands groupes avec de forts budgets. (Certains de ces budgets sont estimés à  ¼ de celui de « Coup de tête »).  

Par l’intermédiaire de François Truffaut, il contacte Claude Berri, comme producteur, avec qui il réalise son premier film, « La Victoire en chantant » en 1976. 

La sortie est un échec commercial et dans la presse également. Même Claude Berri n’était pas très enthousiaste dès l’origine du projet.

Jean-Jacques Annaud est dépourvu face à cet échec : le téléphone sonne peu voire pas du tout, pas de sollicitation de la part de son producteur. 

Il se pose des questions : abandonner ses rêves de cinéma et retrouver le confort économique en retournant des spots publicitaires ?

Dans les mêmes moments, sa vie privée vole en éclat (divorce annoncé) : “ Est-ce dû à cet échec ? ”

Sans qu'il le sache ou sans qu'il en prenne conscience, son premier film « La Victoire en chantant » est présenté à l'Oscar 1977 du meilleur film étranger : dans la nuit, il l’apprend par Claude Berri. Et le lendemain matin, le flash info commence par cette bonne nouvelle : Oscar du meilleur film étranger.

Coïncidence, certes non, toute la presse française et américaine le contacte. Surtout Claude Berri ne cesse pas de l'appeler pour le féliciter et lui conseille de refuser toutes propositions éventuelles/habituelles suite à ce type de couronnement. Dixit les propres propos de Jean-Jacques Annaud, il remarque un changement de comportement.

 

Jean-Jacques Annaud sourit, car il a écrit ses premières notes pour son second film « Coup de tête ». Il traverse des péripéties similaires au personnage de son prochain film, c’est bien lui, ils vivent les mêmes sensations. Rejeté un jour puis adulé pour peu de temps.

Un grand acteur : Patrick Dewaere

Comme évoqué plutôt, le nom de Patrick Dewaere fait fuir les distributeurs, et surtout les assurances. Ces dernières ne veulent plus l’assurer sur un tournage à cause de son addiction à la drogue dure. De plus, le nom de Patrick Dewaere n’est pas “bankable”, préférant Gérard Depardieu. Ils étaient partenaires dans ‘Les Valseuses’.

Malgré ses nombreux rôles avec une bonne interprétation, la récompense du monde du cinéma n’est pas au rendez-vous  (ni prix, ni César sur 6 nominations). Profondément blessé, il se dit qu’il est un acteur mineur.

Jean-Jacques Annaud obtient l’assurance de Patrick Dewaere d’être “clean” sur le tournage, car ce film l'enthousiasme ainsi que le genre de film : la comédie sociale.

Le réalisateur est ravi de travailler avec Patrick, il est impressionnant par son « immense tendresse et sa grande violence », mais aussi par son professionnalisme, à savoir : connaître son texte par cœur quelle que soit la longueur de la prise. Le tournage fut agréable. 

La performance d’acteur de Dewaere est pourtant fantastique : il est à fleur de peau, rendant son charisme naturel et sa performance plus magnétiques que jamais.

 

Après le tournage, Patrick fut blacklisté dans tous les médias après avoir été accusé d’avoir frappé un journaliste. 

Sans promotion « Coup de tête » ne connaîtra pas le succès du box-office. Ce film a eu de “petites critiques positives” dans la presse. 

De plus, le film n’intéressa pas les spectateurs qui n'apprécient pas le football. Les autres sont fâchés et se sentent trahis par cette satire grinçante : l’envers du sport qui n’était pas aussi connu à l’époque qu’aujourd'hui.

Il est découvert et apprécié à sa juste valeur lors des diffusions de la télévision.

« Coup de tête » est le seul film de Jean-Jacques Annaud qui n’a pas été distribué à l’international (malgré une tentative américaine). 

 

Bonus :

Thème du film

C'était quoi Patrick Dewaere ? - Blow Up - ARTE

Patrick Dewaere évoque sa vie (1981)

Entrée Libre se fait des films : « Coup de tête »

Où voir ce film ?

Ce film est disponible sur :

  • Sur la plupart des sites de VOD, 
  • En DVD/ Blu-ray
  • Sans oublier en prêt à la bibliothèque municipale de Grenoble. (Kateb Yacine - Grand Place)

 

Fiche rédigée par Christophe Germain

 

La lettre de Patrick Dewaere à Jean-Jacques Annaud - 1979

Dernière modification lelundi, 29 mars 2021 19:44

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